Rédaction | Avant Garde
EDITO

« Jeunesse engagée »

Voilà plus de trois semaines que la mobilisation contre la tenue des E3C, élément central la réforme du baccalauréat, a débuté. Cette mobilisation réunit un front large, composé aussi bien d’élèves, de parents d’élèves que d’enseignants. On estime aujourd’hui à plus de 40 % le nombre d’épreuves perturbées par cette mobilisation. Les lycéens dénoncent des épreuves organisées à la hâte, et plus généralement une réforme du bac qui va creuser les inégalités entre les élèves et les lycées.

Face à cette contestation légitime, le gouvernement, assisté par des proviseurs zélés, fait le choix de la répression. Leur volonté est claire : tuer la mobilisation dans l’œuf.

Pour ce faire le gouvernement n’a pas hésité à réprimer, parfois violemment, les lycéens mobilisés. Depuis trois semaines, les images de CRS devant les établissements contrôlant parfois même l’accès aux lycées font le tour des réseaux sociaux. Certains lycéens mobilisés, parfois mineurs ont été placés une trentaine d’heures en garde à vue. Pire, certains d’entre eux iront même en procès, accusés d’avoir alimenté un feu de poubelle lors du blocage de leur lycée.

Côté administration la répression est aussi forte. De nombreux lycéens ont subi des sanctions disciplinaires, d’autres ont écopé d’un zéro d’office aux épreuves des E3C, avec impossibilité de se présenter aux sessions de rattrapages. À l’heure de la sélection à l’entrée de l’université, une telle note vient condamner ces lycéens à un avenir plus qu’incertain. Ces sanctions disproportionnées ont pour unique objectif d’insuffler la peur chez les lycéens afin de les dissuader de se mobiliser.

Quel gouvernement avons-nous là ? Ces mesures abjectes à l’encontre de la jeunesse mobilisée sont indignes de dirigeants.

Comble de l’ironie, à travers son service national universel (SNU), le gouvernement nous dit vouloir susciter l’engagement chez les jeunes. C’est le sens même du slogan de ce SNU : « Jeunesse engagée ».

Mais de quel engagement nous parle le gouvernement ? Certainement pas celui d’une jeunesse qui s’engage pour son avenir.