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10 octobre, mobilisation contre l’abandon de la fonction publique

Demain pour la première fois depuis des années, les agents de la fonction publique sont appelé à la grève et manifester dans toute la France par un appel de l’ensemble des organisations syndicales.

Le pouvoir d’achat en berne

La rémunération des fonctionnaires est un traitement. Ce traitement est constitué en grande partie (généralement pour les trois-quarts), d’une somme calculée en fonction du point d’indice.

Le montant de ce dernier impacte donc directement l’ensemble des rémunérations de tous les fonctionnaires. Pour un agent, le montant de sa rémunération dépend donc en grande partie de ce facteur.

Ce point d’indice a été gelé de 2010 à 2016 bloquant ainsi tout augmentation général des rémunérations dans la fonction publique. Les agents voyant leur rémunération augmenter que faiblement grâce à leur ancienneté, tandis que pour les nouveaux arrivant les rémunérations stagnaient.

Après avoir été augmenté légèrement à la fin du mandat de François Hollande, le premier ministre Edouard Philippe a déjà annoncé qu’il gèlerait à nouveau ce point. Dans le même temps l’augmentation de la Contribution Sociale Généralisée vient amputer la rémunération des agents, sans que ces derniers bénéficient de la baisse des cotisations salariales.

Le mépris de la fonction publique

Ce gel est à nouveau justifié par des considérations budgétaires. Les rémunérations des fonctionnaires représentent environ un quart du budget de l’état. C’est dans le même sens que l’objectif de 120 000 suppressions de postes promis par le président de la République a été confirmé.

Pour les agents, c’est une vision minimaliste et très réduite de leur action de considérer la fonction publique uniquement en terme de dépenses dans lesquelles il faudrait couper. Le raisonnement déployé par les libéraux est absurde.

Puisqu’il n’y aurait pas les moyens, il faudrait réduire les dépenses, indépendamment des besoins. Les résultats d’une telle logique ont pu être constaté cet été. La réduction des budgets dans l’Enseignement Supérieur a conduit à l’engorgement des filières, le tirage au sort et ces milliers de bacheliers restés sur le carreau.

Une logique de classe

Tout aussi absurde, le ministère des finances se trouvent ainsi en difficulté pour récupérer des impôts non payés, faute d’un nombre suffisant d’agents. Alors que ces derniers rapportent plus qu’ils ne coûtent à l’Etat.

Le dogmatisme libérale n’est pas sans logique pour autant. Il est aisé de comprendre que ceux qui n’ont pas besoin de l’enseignement public sont également ceux qui n’ont pas intérêt aux contrôles fiscaux.

L’appel à la mobilisation des syndicats de la fonction publique dépasse finalement la seule portée salariale. L’appel lancé pour la mobilisation de demain prend bien soin de rappeler qu’au-delà des conditions de rémunérations des agents se pose une véritable question de société sur la place des services publics :

« C’est totalement injuste pour les agent.e.s, et c’est totalement inefficace pour une Fonction publique de moins en moins attractive dans de nombreux secteurs. Ces mesures ne contribuent en rien à l’amélioration de la qualité des services publics. Services publics au sujet desquels nos organisations syndicales rappellent leur demande d’un débat de fond sur ses missions s’appuyant sur le bilan des réformes déjà engagées. »

Un appel d’organisations de jeunes en soutien à l’appel intersyndical a également été lancé. Finalement l’enjeu autour des conditions de travail des fonctionnaires interrogent la place de l’Etat dans l’économie. On comprend bien que cette question ne peut avoir que deux réponses radicalement opposée. Celle du gouvernement, qui est celle du libéralisme et in fine celle des nantis. En face, c’est la réponse de la solidarité portée par les syndicats de travailleurs et plus généralement les organisations progressistes.

Rédaction
Rédaction
Collectif de rédaction d'Avant Garde