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17 septembre : mobilisés pour l’emploi

Une première date de mobilisation des salariés se profile, à l’heure où les plans de licenciements se multiplient et le plan de relance du gouvernement rencontre l’opposition des syndicats. La CGT, la FSU, Solidaires et l’UNEF ont publié un communiqué interprofessionnel le 27 août dernier. Il souligne l’enjeu de l’emploi, mais aussi des salaires, des retraites et des conditions sanitaires de la rentrée.

Opposition à la réforme des retraites 

Suite au mouvement social de l’hiver dernier qui avait largement mobilisé les salariés contre le projet de réforme des retraites, le gouvernement a dû reporter sa loi impopulaire. Les déclarations du gouvernement ont par la suite maintenu une ambiguïté sur ses intentions.

Le projet de loi retraites visait l’allongement de la durée de cotisations, et donc le recul de l’âge de départ à la retraites, en créant un âge de départ d’équilibre. Cet âge d’équilibre avait pour but de maintenir les dépenses du régime de retraites en dessous de 14% du PIB malgré la hausse démographique, et de constituer de fait un nouvel âge minimum de départ à la retraite. Sans prise en compte de la pénibilité de certaines professions ou encore des carrières longues. La chute du PIB lors de la crise sanitaire a démontré encore plus le danger de faire une telle réforme.

Par ailleurs, la réforme devait s’appliquer aux générations nées après 1975, pour un calcul de la retraites par “points” sur l’ensemble de la carrière plutôt que sur les meilleures années, ce qui aurait pour effet de niveler les pensions vers le bas. La réforme aurait été appliquée intégralement en 2037, paradoxalement avec le passage en force déployé par le gouvernement. La base de calcul de la pension était enfin totalement opaque. L’objectif du gouvernement était d’en finir avec des régimes “spéciaux” de retraites plus protecteurs envers les salariés qui y cotisent, encore une fois pour niveler les droits des salariés vers le bas.

Dans le communiqué d’appel au 17 septembre, les syndicats soulignent leur opposition à tout retour de la réforme des retraites et l’importance d’une protection sociale renforcée “tout au long de la vie”.

Des nouvelles exonérations de cotisations sociales et baisses d’impôts en faveur du capital

Le communiqué intersyndical met en avant les “aides publiques de toute nature dont bénéficient de grandes multinationales sans contrepartie et contrôle d’utilisation” que l’Etat a déversé notamment depuis avril malgré toutes les annonces de suppression d’emplois. Les aides ne sont pas même conditionnées à l’interdiction des suppressions d’emplois. La politique d’exonérations de cotisations sociales et de baisses d’impôts n’a par ailleurs jamais prouvé son efficacité, si ce n’est d’affaiblir la sécurité sociale et augmenter les profits disponibles pour les actionnaires.

Le plan jeunesse de Jean Castex s’inscrit dans cette même politique libérale. Il consiste à déverser des primes à l’embauche pour les employeurs de jeunes de moins de 26 ans, même pour des CDD de trois mois. Il offre en plus “100 000 services civiques” aux employeurs en mal de main d’oeuvre précaire et payée en dessous du SMIC. Il prévoit enfin des contrats d’apprentissage à coût zéro pour l’entreprise pendant au moins un an.

La priorité pour les syndicats est la création d’emplois stables, contrairement à la facilitation des contrats précaires. “Cela passe notamment par la réduction du temps de travail sans perte de salaire, le développement des services publics et des industries nécessaires à la réponse aux besoins en biens et services, en prenant en compte l’urgence écologique”, précise le communiqué.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde