Lola Sudreau | Avant Garde
Éducation

À Avignon, une mobilisation inédite prête à durer jusqu’en 2019

A Avignon, des lycées jamais mobilisés auparavant ont été les premiers à se mobiliser. Entre deux rendez-vous à l’inspection académique, les jeunes communistes du Vaucluse font monter la pression en structurant la mobilisation.

Avignon, une ville modeste aux lycées bien mobilisés

Avignon compte deux  lycées publics et trois lycées privés en centre-ville, quatre autres lycées publics sont disséminés extra-muros. Les trois grands types de filières sont représentés, générale, technologique et professionnelle. Traditionnellement, les lycéennes et lycéens mobilisés profitent de la proximité géographique des lycées du centre-ville pour improviser un cortège qui passe par tous. L’éloignement des lycées extra-muros rend difficile leur accès à pied et les tient le plus souvent éloignés des mobilisations par absence d’effet d’entraînement.

Lors des mobilisations précédentes, la Loi Travail en 2016, le Plan Etudiants, la loi ORE et Parcoursup en 2018, seuls les deux lycées publics du centre-ville ont connu des mobilisations. Des mobilisations impulsées par les lycéennes et  lycéens membres de la fédération locale du Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF). La mobilisation actuelle a fait exploser ce cadre, puisque l’ensemble des lycées, publics comme privés, ont été bloqués au moins une fois. Une situation inédite qui n’a toutefois heureusement pas débouché sur les incidents et exactions policières constatées ailleurs en France.

Une mobilisation générale jamais vue qui n’est pas sans faire écho aux mobilisations des gilets jaunes qui secouent le pays depuis maintenant un mois.

Lola Sudreau | Avant Garde

Une mobilisation rapide aux contours inedits

L’appel initial de l’UNL à une mobilisation le 30 novembre n’a pas été directement suivi. Cependant une semaine plus tard, le jeudi 6 novembre, quatre lycées sont bloqués. Les lycéens venus de Théodore Aubanel, Frédéric Mistral en centre-ville, mais aussi ceux de Philippe de Girard et René Char pourtant plus éloignés, se sont retrouvés dans les rue d’Avignon pour exprimer leurs revendications.

Le lendemain deux lycées demeuraient bloqués, et un autre mobilisé, là encore à la fois en centre-ville et en périphérie. Une illustration de la persistance à venir d’une mobilisation lycéenne radicalement différente ce qui était habituellement constatée.

Suite à un rassemblement devant l’inspection académique, une délégation de cinq élèves est reçue. L’occasion pour les lycéennes et lycéens de faire valoir leurs revendications propres contre la réforme du bac et Parcoursup.

Lola Sudreau | Avant Garde

Un mouvement faiblement organisé en recherche de perspective

La mobilisation s’est poursuivie lundi, sans lycée bloqué mais avec la mise en place de comités de mobilisation. Le lendemain, le  lycée Aubanel poursuivait seul, de nombreuses et nombreux élèves ont refusé de rentrer en cours pour se mobiliser et manifester. Depuis le début de la semaine des assemblées générales se tiennent  dans les lycées pour construire des perspectives de mobilisation sur le long terme.

Peu de lycéennes et lycéens mobilisé·e·s sont dans dans syndicats ou organisation politique, cependant le rôle des jeunes communistes n’est pas à négliger, notamment dans les lycées de centre-ville. Le noyau dur de mobilisation demeure intra-muros, la présence de jeunes communistes, comme la proximité géographique favorise le développement de la mobilisation. L’apport du MJCF y est considérable, d’un point de vue logistique, matériel mais aussi en termes de militantes et de militants formé·e·s.

Un deuxième rendez-vous avec l’inspection académique est fixé pour le 10 janvier, afin de porter à nouveau les revendications lycéennes. La mobilisation lycéenne à Avignon a donc d’or et déjà pris rendez-vous avec 2019.