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ADP, 700 00 signatures malgré tout

La première utilisation de la procédure de référendum d’initiative partagée est à la peine. Entre une plateforme peu ergonomique et l’absence de communication officielle, la campagne de récolte de soutiens est semée d’embûches.

713 000 signatures

Le Conseil constitutionnel qui a la charge d’assurer le décompte des soutiens recueillis a publié le 29 août dernier un communiqué faisant étant de 713 000 soutiens à ce jour. Le conseil précise toutefois que tous ces soutiens n’ont pas encore été validés par le ministère de l’Intérieur qui dispose pour cela d’un délai de 5 jours. Le nombre est relativement modeste au regard des 4,7 millions nécessaires. La barre des 1 millions de soutiens visés par les partisans d’un référendum pour la rentrée n’a pas non plus été atteinte. L’été n’a pas été le temps d’un recueil important de soutiens et un ralentissement important de la collecte a pu y être observé.

Le site internet prévu pour recueillir les soutiens s’est même payé le luxe d’un plantage partiel le 12 août. Plantage sans conséquence selon le Conseil constitutionnel puisque le dépôt d’un soutien n’a pas été perturbé. L’ergonomie du site est toutefois toujours largement dénoncée. Il est notamment particulièrement compliqué de vérifier si son soutien a bien été pris en compte, aucun retour n’étant fait. Un site permet de vérifier plus simplement que sa signature a bien été prise en compte tout en proposant un compteur, fonctionnalité dont le site officiel est dépourvu.

Dans son communiqué du 29 août, le Conseil constitutionnel qui est le seul a pouvoir tenir le décompte des signatures réalisées hors-ligne auprès des mairies, a annoncé qu’il publierait désormais des chiffres tous les 15 jours contre tous les mois, jusqu’à présent. L’absence de communication officielle autour d’une procédure prévue par la constitution est particulièrement dénoncée. 

Les soutiens du référendums toujours mobilisés

Du côté des opposants à la privatisation de la société Aéroport de Paris, on ne désarme pas. On veut croire à un sursaut de mobilisation avec la rentrée politique. La fête de l’Humanité devrait notamment être à gauche un moment important pour faire connaître le référendum et la procédure pour apporter son soutien. La complexité du dépôt d’un soutien qui nécessite un ordinateur, une connexion internet et un peu de temps devant soit, rend la tâche ardu pour les militants. Ces derniers sont davantage habitués à faire signer une pétition sur papier qu’à inciter à aller se rendre sur un site internet désuet ou remplir un formulaire à déposer en mairie. 

Cependant, le simple fait que cette campagne de récolte de soutiens existe est déjà un casse-tête pour le gouvernement qui voit ses projets de privatisation s’éloigner. Le débat a été imposé dans l’espace public même si les médias les plus dominants assurent un service bien minimum pour couvrir la campagne de collecte de soutien comme le note Arrêt sur Images. Cette privatisation présente également une forte charge symbolique. L’entreprise est un monopôle largement rentable, assurant une mission de service public, relevant d’intérêts stratégiques, et sa cession est largement incompréhensible. 

L’échec de la collecte de soutien pourrait donc ne pas nécessairement marqué la vente de la société malgré le vote de la loi tant le projet paraît indéfendable. Un autre élément pourrait aller dans le sens des opposants, venu paradoxalement du gouvernement. La volonté affichée de ce dernier d’abaisser le seuil de soutien nécessaire à 1 million de soutiens nécessaire à un référendum d’initiative partagé pourrait jouer. Si le seuil de 4,7 millions d’ici le mois de mars parait bien lointain au rythme actuel de signatures, celui d’un million est nettement plus proche et sera probablement atteint. Si légalement, le seuil de 1 million n’a pas encore de valeur, symboliquement le gouvernement s’est quelque peu lié.

Rédaction
Rédaction
Collectif de rédaction d'Avant Garde