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INTERNATIONAL

Le Franc CFA un héritage colonial contesté

Héritage des siècles d’occupation coloniale française en Afrique, le Franc de la Coopération financière africaine (CFA) est aujourd’hui encore utilisé par 155 millions d’habitants vivant dans les 15 pays de l’ouest et du centre de l’Afrique subsaharienne qui composent les zones CFA.

Depuis longtemps contestée, l’existence du franc CFA est de plus en plus remise en question, comme en attestent les mobilisations grandissantes autour d’un mot d’ordre clair :  libérer les Etats africains du joug du franc CFA et rompre avec la politique néocoloniale et l’interventionnisme français dans la politique des pays anciennement colonisés.

Le CFA, outil de l’impérialisme français

72 ans après sa mise en circulation, le constat est sans appel :  les pays des zones CFA comptent parmi les plus verrouillés politiquement, à l’instar de la République du Cameroun ou la Guinée équatoriale, où les présidents sont en place depuis près de 40 ans. Les économies locales n’ont pas profité de la monnaie qui était supposée, de part son rattachement au système de l’euro, apporter stabilité et améliorer le niveau de vie des populations. S’il apporte une stabilité économique indéniable, il reste un frein au développement économique de ses pays et à leur émancipation politique. En effet, les contreparties sont lourdes à supporter pour les pays de la zone CFA : entre l’obligation de stocker la moitié des devises du pays au Trésor français et le chantage politique envers les dirigeants et les peuples africains qui souhaitent s’émanciper de la monnaie, le franc CFA se révèle être un véritable poids sur la vie politique et quotidienne.

Une monnaie aujourd’hui contestée

Les mobilisations populaires pour exiger la fin du Franc CFA sont donc nombreuses. Le débat sur la souveraineté monétaire s’est installé dans le débat politique au début de cette année 2017, qui a vu naître un véritable mouvement de contestation. Les manifestations, organisées notamment par les forces politiques panafricaines, se sont succédées avec un mot d’ordre clair : se défaire de la monnaie postcoloniale, source de faiblesse du développement économique. Plus globalement, cette mobilisation contre le franc CFA peut être perçue comme un avatar de la volonté d’affranchissement des pays anciennement colonisés, las de l’interventionnisme français.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde