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INTERNATIONAL

Amérique Latine, entre guerre et paix, un continent disputé

Traduction d’un article des jeunes communistes de Colombie paru dans le bulletin de la fédération mondiale des jeunesses démocratiques.

« Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce. »


Karl Marx

200 ans après l’indépendance, nous sommes témoins de l’histoire tragique de notre continent, malgré les sacrifices de José Marti, Simon Bolivar, San Martin, Policarpa Salavarrieta, ainsi que des femmes et hommes libres ; notre peuple se bat encore pour être le maître de sa propre destinée.

Bolivar avait averti Campbell que les Etats-Unis semblaient destinés par la Providence à enfermer l’Amérique dans la misère au nom de la Liberté. Nous connaissons l’une des plus violentes offensives de l’empire Nord-Américain. En quête d’une voie de sortie de la crise mondiale et du ralentissement économique, leur réponse est de provoquer de nouveaux conflits, principalement dans leur voisinage (l’Amérique Latine), comme un moyen géostratégique pour ouvrir de nouveaux scénarios et ne pas perdre la compétition commerciale, énergétique, militaire et politique.

C’est à dire que la stratégie qui consiste à chauffer à blanc l’atmosphère du continent, pour laquelle le gouvernement Colombien sert de base militaire continentale, a prévu de dépasser la contraction économique et, en accord avec les intérêts des grandes compagnies énergétiques mondiales, ils voient dans le Venezuela l’opportunité d’ouvrir de nouveaux marchés, en prenant le contrôle de 20 % des réserves pétrolières mondiales, ainsi que du gaz, coltan, or, etc.

Le gouvernement colombien, allié stratégique de Washington, a aménagé le territoire de façon à faciliter la présence de 13 bases militaires Nord-Américaines, mais aussi le contrôle de 30 points stratégiques et centres d’entraînement militaire dans le pays. La bourgeoisie locale voit dans la guerre un facteur fondamental de l’économie, lié au contrôle territorial et à l’appauvrissement des conditions d’existence du peuple colombien.

Dans cette conception, l’accord de paix entre le gouvernement colombien et les FARC-EP du 24 Novembre 2016 fait face à de nombreuses ruptures, qui consiste à ne pas respecter la mise en œuvre de l’accord initial, et à démembrer les mécanismes de justice transitoire qui conditionnent l’accès à la vérité, la justice et la réparation pour les plus de 10 millions de victimes du conflit armé.

L’échec à appliquer les accords de paix, qui n’est pas seulement imputable à un manque de volonté politique du gouvernement, fait partie d’une stratégie qui est ancrée dans les intérêts de certaines multinationales, propriétaires terriens et grands propriétaires terriens qui se sont enrichis avec la guerre. L’échec des négociations avec l’ELN, la pratique systématique du meurtre qui totalisent 556 victimes après la signature des accords et 180 meurtres en moins de 7 mois de gouvernement d’Ivan Duque dont des responsables politiques et sociaux de gauche, sont des preuves du développement d’une politique génocidaire qui est parfaitement adaptée à la politique nord-américaine.

Comprenant que l’impérialisme ne se repose jamais, nous nous souvenons de l’esprit avec lequel écrivait Simon Bolivar le 30 janvier 1819 au Venezuela avant le congrès d’Angostura et la campagne de libération, avant la bataille de Boyaca en Colombie quand il disait :

« Le Venezuela est prêt à s’enterrer lui-même au milieu de ses ruines si l’Espagne, l’Europe et le reste du monde persiste à le maintenir sous la botte espagnole. »

Ainsi nous voulons insister sur nos engagements anticoloniaux et anti-impérialistes, comme nous le faisions il y a 200 ans, nous appelons à des efforts redoublés et à des initiatives internationales pour éviter à tout prix la guerre continentale et l’ingérence nord-américaine au Venezuela.

En tant que jeunes colombiens, nous offrons aux plus nobles intérêts de l’humanité : paix, solidarité et vie digne, notre expérience et l’initiative de la troisième Brigade Internationale de la Jeunesse pour la Paix en Colombie du 19 au 21 juillet 2019, ainsi que la Deuxième Marche des Jeunes pour le Bicentenaire, qui sont des lieux de rencontre à renforcer pour la FMJD et les organisations de jeunesse, et la lutte continentale pour l’émancipation de notre peuple.