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Éducation FRANCE

Admission Post Bac : Le grand tri sélectif pour la rentrée

Cet été, comme chaque année, se déroulent les trois phases d’admission du système APB, à partir du 8 juin, puis du 26 et enfin jusqu’au 19 juillet. Et comme chaque année, cette période est source de stress mais aussi de sélection, d’inégalités et d’injustice.

APB, une arme de sélection massive

Ce système Admission Post Bac, en place depuis 2008, permet un traitement informatique des demandes d’inscriptions dans l’enseignement supérieur pour les nouveaux arrivants. Il permet aussi et surtout un tri des élèves, notamment dans les filières universitaires surchargées. Ce tri n’est pas seulement aléatoire et se fait selon des critères obscurs dont les élèves ne sont pas nécessairement informés.

A la rentrée 2016 déjà, de nombreux élèves s’étaient retrouvés sans affectation ou affectés dans une filière qu’ils n’avaient pas choisi en premier vœu. Le nombre d’étudiants augmente d’année en année mais la sélection est rude sous prétexte qu’il manque de place dans les filières demandées, notamment les licences.

3 500 candidats à une filière universitaire dans leur académie en premier vœux qui avaient été refoulés en 2016.

Portant pour intégrer ces dernières il suffit théoriquement d’avoir le bac, la sélection y est interdite. Mais depuis l’année dernière un tirage au sort est mis en place pour sélectionner les élèves. Celui-ci a été vivement dénoncé par des associations de lycéens comme étant particulièrement injuste. Au final ce sont 3 500 candidats à une filière universitaire dans leur académie en premier vœux qui avaient été refoulés en 2016.

Une rentrée 2017 sous haute tension

La pratique injuste du tirage au sort à l’entrée de l’université n’a pourtant pas disparue. Au contraire, la circulaire qui l’autorise est maintenue par décision du Conseil d’État en date du 2 juin dernier.

Résultat, pour la rentrée 2017, alors que 40 000 étudiants supplémentaires sont attendus, 169 filières sont dites “sous tension”. Concrètement cela signifie que le tirage au sort va être utilisé à l’entrée de ces 169 filières, contre 78 l’année dernière. Tout porte donc à croire que le nombre de jeunes sur le carreau va lui aussi exploser.

APB, dont les détails du fonctionnement restent méconnus, est un outil de tri arbitraire au service d’un système scolaire inadapté.

Ce fait d’actualité met en lumière d’une part que le dispositif APB, dont les détails du fonctionnement restent méconnus, est un outil de tri arbitraire au service d’un système scolaire inadapté. D’autre part il révèle que ce système d’éducation reste profondément inégalitaire et qu’il manque cruellement de moyens matériels, humains et financiers pour répondre aux besoins de formation.

C’est le droit à la poursuite d’étude et à construire son avenir comme on le souhaite qui est ici remis en question.

C’est l’avenir de milliers de candidats pour se former à la fac qui sera suspendu à l’espoir de sortir d’une liste d’attente interminable pour intégrer les filières concernées. C’est le droit à la poursuite d’étude et à construire son avenir comme on le souhaite qui est ici remis en question.

La mise en place des conditions matérielles nécessaires à l’exercice d’un tel droit, passe nécessairement par un véritable maillage territorial de l’offre de formation, dans des bâtiments adaptés, avec suffisamment de personnels pour encadrer la formation.

L’objectif doit être la possibilité pour chaque lycéen de poursuivre la formation de son choix. Et parce que se remplir la tête ne remplit pas un ventre, il faut bien assurer les conditions matérielles d’existence des étudiants à travers de nouveaux droits, comme un revenu couvrant cette période de formation.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde