PCF
Social-Eco

Bridgestone, 5 mois pour gagner

Une annonce violente

863 salariés à la porte.

C’est ce qu’avait prévu le groupe Bridgestone en annonçant le 16 septembre la fermeture de son site de Bethunes, le seul en France.

Le fabricant de pneus a décidé, pour maintenir la compétitivité en Europe, de fermer l’usine et, comble de l’inhumain, d’en avertir les salariés après le CSE depuis les écrans installés dans la boîte.

Les absents quant à eux ont eu l’honneur d’apprendre leur licenciement par les médias.

La mobilisation générale

L’annonce a eu l’effet d’un coup de massue sur le bassin minier, aussi bien dans la population que chez les élus.

Le maire de Bethunes, Olivier Gacquerre, est monté au créneau : “Au moment où l’on parle de relance, on nous enlève une partie de notre histoire !”.

Une partie de notre histoire, oui, mais pas seulement. Bridgestone fait aujourd’hui vivre la région béthunoise et 863 familles.

Xavier Bertrand, président de la région, Gabriel Attal ou encore Bruno le Maire, pourtant de droite, n’ont pu que constater la “trahison” du fabricant japonais de pneus.

Les militants communistes, plus que de constater, analysent et proposent.

Fabien Roussel a rapidement pris la question à bras le corps, dans le cadre notamment de la campagne du PCF pour l’emploi. Il est, depuis moins d’un mois, de tous les plateaux télés et de toutes émissions de radios pour défendre 863 hommes et femmes menacés, sans raison, de tout perdre.

Sans raison, pas exactement : en une vingtaine d’années l’usine est devenue la moins productive des dix que possède le groupe. Un hasard ?

La faute à la concurrence asiatique et à l’affaiblissement du secteur automobile suite à la pandémie, oui. Mais pas seulement !

Depuis de nombreuses années, les syndicats aux côtés du Parti Communiste ont réclamé au gouvernement les 200 000 euros nécessaires à la modernisation du site. La sourde oreille. Et voilà à présent que tous semblent s’étonner.

L’Union Européenne, quant à elle, a versé 24 Millions d’euros à Bridgestone. 14 Millions sont partis dans l’agrandissement et le renforcement du site de Poznan en Pologne. Le groupe est bel est le bien le plus grand saboteur de sa propre usine: en investissant ainsi à l’étranger le fabricant, aidé par l’UE, organise la concurrence entre les travailleurs européens et détruit nos emplois.

Fabien Roussel ne mâche pas ses mots et exige que le groupe rembourse les aides qu’il a perçues par l’Union Européenne.

Une histoire de bon sens à vrai dire : si ce dernier n’utilise les subventions censées assurer le maintien de l’emploi en Europe que pour affaiblir les sites français, qu’il rende l’argent !

Début des négociations

En accord avec la loi, les salariés organisés dans leurs syndicats ont 5 mois de négociations avec l’entreprise dès le 6 octobre.

5 mois de guerre pour sauver sa vie, celles de ses enfants. 5 mois pour sauver sa famille.

5 mois pour défendre sa maison.

5 mois de bataille pour que Béthunes ne soit pas, à nouveau, ravagée par une vague de chômage comme partout dans la région.

5 mois durant lesquels le Parti Communiste et le MJCF seront dans la lutte pour la sauvegarde des emplois.

5 mois pour gagner.