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Éducation

BTS : les laissés-pour-compte de l’enseignement supérieur

L’arrivée de la fin d’année scolaire apporte son lot de questions quant aux passages des examens

On aurait pu croire qu’après un an de crise sanitaire, des mesures auraient été prises pour permettre à toutes et tous d’effectuer leur fin d’année dans les meilleures conditions possibles, au vu de la situation. Force est de constater qu’aucune mesure efficace n’a été prise quant au déroulé des examens. 

Ainsi les étudiants et étudiantes en BTS font partie des plus touchés par cette impréparation. Ceux-là même qui avaient vu leurs examens être annulés et remplacés par le contrôle continu durant l’année 2019-2020 à cause de la situation sanitaire, se voient aujourd’hui dans l’obligation de passer leurs examens en présentiel. 

Cette décision ne tient absolument pas compte de la situation actuelle dans l’enseignement supérieur. C’est par ailleurs ce qui a poussé un certain nombre d’étudiants et d’étudiantes en BTS à se mobiliser, par le biais de pétitions, contre l’organisation de ces examens de fin d’année. 

Une mauvaise gestion des stages causant un manque d’expérience professionnelle pourtant nécessaire

Un des obstacles majeurs pour les étudiants et étudiantes en BTS est la fragilisation de leur expérience professionnelle. Bien qu’il semblait évident que la crise sanitaire allait emporter des conséquences sur la question des stages, le gouvernement ne daigne pas apporter une réponse concrète sur l’organisation de ces derniers. 

De nombreuses questions se posent désormais pour les étudiants et étudiantes en BTS relativement à cette question des stages. L’offre de stage émanant des entreprises s’est trouvée fortement réduite, les conditions dans lesquelles se déroulent les stages ne sont pas propices à un gain d’expérience, etc. Les stages pourtant nécessaires à la réussite en étude de BTS semblent désormais être des remparts infranchissables. 

Le gouvernement émet encore une fois des propos vagues, preuve qu’aucune mesure ne semble avoir été prise.  Celui-ci appelle à “maintenir dans toute la mesure du possible la tenue des stages de BTS”. Il explique ainsi que les stages pourront “prendre des formes innovantes et leur organisation pourra être fragmentée”. Ces propos sonnent comme une décharge de responsabilité à destination des écoles de BTS, qui doivent désormais tenter de s’adapter à la situation sans aucune forme de support. 

Les conséquences sont catastrophiques pour les étudiants et étudiantes en BTS. Si, par chance, ils ont pu obtenir un stage, celui-ci ne permet absolument pas d’acquérir l’expérience professionnelle nécessaire à la réussite de leurs études. Le contexte de déroulement du stage n’étant pas adéquat à l’apprentissage, la faute au télétravail. Pire encore, certains étudiants se retrouvent désormais en chômage partiel. Une situation catastrophique lorsque l’on sait que ces étudiants et étudiantes devront présenter un oral sur leurs expériences acquises durant leur formation professionnelle. 

Une organisation bâclée des examens de fin d’année

Si le gouvernement ne semble pas apporter de réponse concrète aux problématiques posées par l’organisation des stages, sa gestion des examens de fin d’année reste tout aussi approximative. 

D’une part, le gouvernement ne prend pas en compte la fragilisation de l’enseignement apporté aux étudiants et étudiantes en BTS. En effet, la mise en place des cours en distanciel ne peut égaler un apprentissage en présentiel. Les contacts avec les professeurs se voient ainsi rompus, entraînant une perte de motivation pour beaucoup et certains programmes ne peuvent être terminés de par la difficulté d’assurer les cours. 

D’autre part, les mesures sanitaires ne sont aucunement respectées et aucune garantie n’existe pour les étudiants et étudiantes atteints de la Covid. Ainsi, les examens ayant déjà débuté, les organisateurs de ces derniers n’ont pas jugé bon de respecter les distances de sécurité, ou encore de mettre à disposition du gel hydroalcoolique. Pire encore, aucune disposition n’a été prise pour les étudiants et étudiantes atteints de la Covid. En effet, la présence étant obligatoire sous peine de recevoir un 0 comme note finale d’examen, les étudiants et étudiantes positifs sont contraints de faire un choix entre risquer de contaminer l’ensemble des élèves présents ou bien recevoir un 0. 

Face à cette situation dramatique et à la mobilisation des BTS, le gouvernement fait encore une fois la sourde oreille. Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a en effet affirmé qu’il n’y aurait pas d’annulation des examens de fin d’année, fermant tout espoir pour ces étudiants et étudiantes délaissés. Au lieu de tenter d’améliorer la situation, celui-ci affirme qu’il y aura une certaine bienveillance à l’égard de la notation. Une tentative d’apaisement pour cacher le manque de réponse du gouvernement face à la détresse étudiante.