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Catalogne: réaction des Jeunes Communistes Espagnols

Suite à la situation hier en Catalogne, jour de vote pour l’indépendance, émaillé par les violences de la police, nous publions la réaction des Jeunes Communistes Espagnols ainsi qu’une explication de ce communiqué.

Réaction de l’UJCE (traduction par Cyril B.) :


“Devant la brutale répression du régime contre le peuple catalan ”

Devant la répression brutale déployée aujourd’hui par les forces de sécurité de l’État pour empêcher la tenue d’un référendum d’autodétermination en Catalogne, la Jeunesse communiste déclare :

Nous montrons tout notre soutien au peuple catalan qui est sorti aujourd’hui pour exercer le droit démocratique au vote et qui, de ce fait, a été sauvagement réprimé.

Nous réitérons l’engagement des communistes pour le droit à l’autodétermination et pour la célébration d’un référendum contraignant qui permette l’expression des Catalan-es.

Le régime a de nouveau montré qu’il ne peut offrir que répression et autoritarisme. Le déploiement policier d’aujourd’hui rappelle celui de l’époque décadente du franquisme, laissant pour le moment derrière lui plus de 700 blessés.

Il est nécessaire d’aborder l’ouverture d’un processus constituant, qui n’affronte pas uniquement la question catalane, mais qui change tout ce qui doit être changé et mette l’État au service de la majorité sociale. La classe travailleuse doit être protagoniste de ce processus.

Nous soutenons, comme il ne saurait en être autrement, les mobilisations qui surgissent actuellement en différents points de l’État. Le moyen de renverser le régime une bonne fois pour toute est la mobilisation massive.
¡No pasarán!

 

Analyse de ce communiqué :

Dans une déclaration antérieure, l’UJCE et sa référente catalane, la Jeunesse socialiste unifiée de Catalogne (JSUC) affirmaient que la crise provoquée en Espagne par le référendum catalan avait poussé le régime à montrer son véritable visage, celui d’un État bourgeois prêt à utiliser tous les moyens à sa disposition pour préserver ses intérêts.

La situation actuelle montre ainsi les limites de la « Transition démocratique » de 1978, lorsque le roi Juan Carlos Ier engagea la sortie de la dictature suite à la mort de Franco. Pour résoudre le problème catalan, mais également celui de tous les peuples et nation de l’État espagnol, il est donc nécessaire de « rompre avec le régime ».

Au sein de la gauche espagnole et catalane, les positions au sujet de l’indépendance varient grandement. Alors que certaines formations y sont favorables, l’UJCE et la JSUC précisent que « les intérêts de la classe travailleuse ne se résoudront pas avec l’indépendance et […] nous devront continuer à faire face à la précarité du travail, aux coupes dans la santé et l’éducation, à l’impossibilité d’accéder à un logement digne et, en définitive, à l’exploitation et aux coupes contre nos droits, qui maintiennent les privilèges d’autres ».

En effet, le référendum du 1er octobre a été convoqué et organisé par un gouvernement de droite, participant lui aussi de l’offensive contre les droits sociaux et les libertés démocratiques, utilisant le nationalisme afin de masquer son adhésion aux politiques néolibérales impulsées depuis Madrid. En portant le débat sur le terrain identitaire, le gouvernement catalan de Carles Puigdemont use ainsi des mêmes méthodes que les partis centralisateurs, au premier rang desquels le Parti populaire du premier ministre Mariano Rajoy, héritier direct du franquisme.

Les jeunes communistes réaffirment néanmoins fermement le droit à l’autodétermination des peuples qui doit être « l’un des piliers de la République fédérale et plurinationale », incluant au sein d’un même État démocratique, protégeant tout à la fois les droits nationaux et régionaux et les droits sociaux des travailleuses et travailleurs.

Rédaction
Rédaction
Collectif de rédaction d'Avant Garde