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Ce sont les politiques libérales qui font reculer l’école de la République

Cette semaine marque la fin des débats sur le projet de loi “respect des principes républicains” à l’Assemblée Nationale. Après de longs débats, il reste la sensation amère d’un débat qui a été confisqué aux représentants de la nation sur un sujet de société. 

Le Gouvernement a imposé les termes et les thèmes du débat. Le volet social a totalement été occulté des discussions au profit d’une surenchère xénophobe de la part de la droite et de l’extrême droite. À l’issue de ces débats les principes républicains n’en sortent pas renforcés, bien au contraire. 

Il y avait pourtant matière à débattre notamment sur l’état de l’école publique en France. Comment pouvons-nous avoir un débat sur les principes de la République sans évoquer la situation de ce qui fait le socle de toute République à savoir l’école publique ?

Depuis de trop nombreuses années maintenant la République est malade des politiques libérales. Les fermetures des classes et les jeunes en décrochage sont les signes patents. 

L’école n’est plus vectrice d’égalité, mais bien au contraire est un outil de reproduction des inégalités sociales au service de la classe dominante. Le résultat à un désinvestissement progressif de l’Etat dans l’école publique et aux réformes visant à mettre en concurrence les élèves et les établissements. 

La preuve en est de l’essor de l’enseignement privé renforcé par l’arrivée de Parcoursup. Faute de moyens suffisants, les lycées publics sont moins bien cotés que la plupart des lycées privés. Nous avons vu fleurir des lycées à deux vitesses : ceux permettant d’ouvrir les portes des écoles prestigieuses – bien souvent la totalité des établissements privés – et ceux qui ne le permettent pas. C’est une véritable sélection sociale qui a été mise en place. Ces logiques se retrouvent partout et à tous les niveaux de la maternelle jusque dans l’enseignement supérieur. 

Afin de pallier cette sélection sociale, notamment celle dans les grandes écoles, le Gouvernement fait le choix des “quotas”. Cela permet uniquement de camoufler les statistiques. Ce n’est pas de quotas dont nous avons besoin ! Ce dont nous avons besoin c’est d’une école qui offre à chaque élève les moyens de réussir et de construire sereinement son avenir. 

Pour cela il faut en premier lieu mettre fin à l’enseignement privé. Si la République doit s’appliquer pour toutes et tous de la même façon, il en va de même de l’école. Il faut également doter l’école de moyens suffisants afin de dédoubler les classes pour permettre un meilleur suivi des élèves mais également créer suffisamment de places dans l’enseignement supérieur pour permettre à chaque jeune qui le désire d’intégrer la formation de son choix… En bref, permettre à chaque jeune de s’instruire, de se former et de trouver sa place dans la société sans qu’il n’y ait de barrière financière ou institutionnelle. La République c’est permettre le libre développement de chaque individu. 

La République c’est avant tout des valeurs, celle de l’égalité, de la fraternité et de la liberté. Si ces principes sont en recul aujourd’hui, c’est avant tout que l’Etat et ses services publics reculent. Une République offrant simplement une égalité en droit demeure bien creuse. Une République digne de ses valeurs ne peut qu’être sociale.