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Vivre ensemble

Clémentine Le Duey, candidate communiste en Normandie : “nous n’avons pas mis des jeunes sur la liste pour faire beau mais parce que jeunes, nous sommes experts de la vie de jeune”

De nombreux jeunes sont engagés dans les élections des conseils départementaux et régionaux, Avant-Garde est allé à leur rencontre.

Peux-tu te présenter ? Pourquoi es-tu engagée et pourquoi être candidate aux élections régionales ?

J’ai 23 ans, originaire d’un très petit village rural à la frontière entre la Picardie et la Normandie je suis partie à Rouen pour mes études, j’y suis restée ! La politique a toujours fait partie de ma vie, mes parents étaient élus dans notre village de 500 habitants, c’est peu mais ça demande du temps ça m’a appris le sens de l’engagement pour les autres. 

Cette expérience m’a aussi appris que lorsqu’on voulait changer son quotidien, il fallait mettre la main à la patte, rassembler pour transformer une colère en un engagement collectif. Naturellement, j’ai  pris ma carte au MJCF a 16 ans, avec pour ambition de changer mon lycée, de lutter contre le sexisme, etc. Depuis j’ai pris différentes responsabilités. Lorsque Sébastien Jumel m’a appelé pour me proposer d’être sur sa liste aux régionales, c’est parce que ces responsabilités m’ont amené à rencontrer beaucoup de jeunes, à les écouter et que pour lui la jeunesse était une force, un moteur dans la campagne. Je ne pouvais qu’être d’accord avec lui et accepter. 

Mais ce n’est pas tout, il ne s’agissait pas d’être là juste pour faire beau, mais de porter un projet d’avenir et porter un projet pour celles et ceux qui sont l’avenir : les jeunes. Avec la dizaine d’autres jeunes qui sont sur la liste nous avons construit le projet à partir de notre quotidien, de celui de nos potes, du réel. C’était essentiel pour moi et c’est à mon sens l’élément majeur de nos propositions. 

Comment résumer la situation politique dans ta région ? Quelles sont les principales questions qui se posent ?

Pour beaucoup de gens, pas facile de comprendre les compétences des régions avant leur unification, aujourd’hui c’est pire avec les régions XXL. Les jeunes ne s’y intéressent que peu, d’autant plus qu’en Normandie le manque d’une réelle politique jeunesse ambitieuse rend invisible ce que peut faire la région pour eux . L’actuel président de région souhaite que la Normandie soit quasi-autonome de l’État mais à tout vouloir faire, au final on ne fait rien, ou mal. Cela s’illustre sur les transports ferroviaires, depuis que la région a pris en mains nos trains du quotidien c’est une catastrophe, ce bilan du ferroviaire sauce Morin est emblématique de ce mandat. 

L’actuelle gouvernance de droite “classique” de la Normandie fait penser au mandat présidentiel d’Emmanuel Macron pour les plus riches des investissements, des grands plans, de la concertation et pour les plus pauvres il ne reste plus que les miettes de belles paroles à se partager. 

Il y a une colère face à cette politique et les sondages le montre nous sommes les vrais challenger face au président de région. Parce que nous portons cette colère mais aussi un projet pour vivre mieux et heureux en Normandie. 

Les questions qui se posent c’est “l’après pandémie”, en particulier sur la question de l’emploi et de la santé. Nous sommes une région industrielle, c’est bien mais le chômage est pourtant très haut, on ne peut pas accepter ça. La santé, c’est aussi la question de la ruralité, l’accès aux médecins est trop compliqué, la situation de l’hôpital est catastrophique. Rurale, industrielle, maritime.. la Normandie est une petite France, on y trouve donc beaucoup de problématiques qui se retrouvent dans la politique nationale.

En tant que jeune, comment t’adresses-tu aux jeunes de ta région qui se demandent s’il faut voter ?

Avec une question simple “si tu avais une baguette magique qu’est ce que tu changerais dans ton lycée ?/Ton université/Ta formation ?”. Trop souvent on fait croire aux jeunes que la politique c’est trop compliqué pour eux. Il faut dire que c’est faux, que c’est un outil pour changer leur quotidien. 

Quelle sera ta première priorité si tu es élue ?

Rendre l’accès à l’éducation et à la formation réellement accessible à toutes et tous. On ne paye pas le lycée mais il faut payer les transports, les fournitures scolaires qui sont coûteuses particulièrement dans les filières professionnelles, le logement pour la plupart des étudiantes et étudiants. Quand les élus régionaux du PCF actuellement en poste défendent ce droit à l’éducation, la droite répond que ça coûte cher, qu’ils font leur maximum… C’est faux, et même si ça coûtait, il s’agit d’un investissement essentiel pour garantir l’égalité entre les habitant et les habitantes de la région et des territoires.

Une situation concrète : venant d’un milieu rural, le train pour me rendre au lycée coûtait plusieurs centaines d’euros par an. Demain avec Sébastien Jumel président de région, nous proposons le transport gratuit pour les moins de 25 ans. Cette situation n’arriverait donc plus et plus de jeunes auraient accès au lycée. Je cite cet exemple mais nous avons énormément d’idées et nous sommes prêts et prêtes à les mettre en place, c’est compliqué de choisir une mesure dans un programme aussi vaste et enthousiasmant !

Comment un élu peut-il être utile au quotidien et porter les revendications des citoyens ?

Les élus n’ont pas la même marge de manœuvre selon s’ils sont dans la majorité ou dans l’opposition. J’espère que nous aurons en Normandie toute la liberté d’appliquer les mesures de notre programme, tout en continuant à concerter avec les acteurs de chaque sujet pour être au plus proche des besoins. Avec mes colistiers, colistières ainsi qu’avec notre programme nous seront utiles et en permanence sur le terrain pour écouter les normandes et des normands et répondre à leurs aspirations. Dans l’hémicycle régional nous serons utiles en mettant en place une politique qui soit résolument au service de l’humain, de l’écologie mais aussi de l’industrie, du développement des loisirs, de la jeunesse… 

Si toutefois nous n’arrivons pas à prendre la place de Morin, nous ne serons pas résolus et prêt à lâcher le combat. Nous serons des adversaires féroces mais nous ne contenterons pas de refuser, nous serons aussi dans l’offensive pour proposer autant que possible un contre-projet et tenter de faire rentrer nos propositions dans l’hémicycle. 

Bien sûr, dans les deux cas, je crois que l’élu ou l’élue doit être le porte-voix des luttes du quotidien dans les entreprises et dans la rue. Mais aussi la voix d’Emmanuel qui chaque matin va travailler au Dock, de Stéphanie qui accompagne des élèves en situation de handicap, de Eric qui cultive la terre, bref de cette majorité qui travaille et aspire simplement à une vie faite de moins de sacrifices et de plus de joie. Je sais que nous porterons ces voix avec dignité et responsabilité puisque ces noms et professions sont ceux de mes colistiers.

Un dernier mot ? 

Merci Avant Garde de m’avoir donné la parole, je m’excuse d’avoir été aussi longue !

Rédaction
Collectif de rédaction d'Avant Garde