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FRANCE Social-Eco

Pénibilité dans les TPE: quand le Gouvernement méprise les salariés.

La pénibilité au travail ce n’est pas la préoccupation première de Macron et du MEDEF. Alors candidat à la présidentielle il avait affirmé vouloir supprimer le terme de « compte pénibilité », car ce dernier « induit que le travail est une douleur ». Mais derrière les mots que se passe-t-il vraiment?

Alors que le Gouvernement a annoncé vouloir réviser le compte pénibilité en supprimant 4 critères jugés trop complexes (à savoir l’exposition aux produits chimiques, aux postures pénibles, aux charges lourdes et aux vibrations mécaniques), la DARES (direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) publie ses résultats concernant la pénibilité dans les TPE en 2010. La loi d’habilitation va jusqu’à mettre en avant « les risques juridiques » pour les TPE et PME sans trop sembler se soucier des risques pour la santé et la sécurité des salariés concernés.

Si les salariés des TPE sont moins exposés aux risques liés à des horaires atypiques, notamment le travail de nuit et par équipes alternantes, ils sont en revanche plus exposés à d’autres critères de pénibilité, ceux-là même que le Gouvernement entend faire disparaître du futur compte prévention pénibilité. En effet les résultats de l’enquête mettent en avant une plus forte exposition des salariés des TPE à des postures pénibles (28% des salariés de TPE contre 25% pour l’ensemble des salariés), à des vibrations mécaniques (18% contre 12%) et à des agents chimiques cancérogènes (13% contre 10%).

La différence d’exposition à ces risques pour les salariés en question provient de la nature des activités des entreprises concernées, notamment dans le secteur agricole et celui du bâtiment pour les vibrations et postures pénibles. Mais les stratégies mises en place par les plus grandes entreprises, qui externalisent les risques, ne sont pas innocentes. En effet, comme le démontre la sociologue Annie Thébaud-Mony dans son ouvrage Travailler peut nuire gravement à votre santé, les grandes entreprises ne se gênent pas pour sous-traiter les activités dans lesquelles on rencontre des risques importants. Ainsi ce sont de plus petites entreprises, où le taux de syndicalisation est plus faible, la représentation du personnel très faible voire nulle, les moyens financiers plus limités, qui gèrent ces activités exposantes. Autre avantage à cette sous-traitance du risque, les grandes entreprises n’ont pas à en assumer le coût, lié à la prévention et à l’indemnisation des accidentés et malades du travail. Face aux risques physiques et à la survenance d’accidents ou de maladies professionnelles liées à l’exposition à ces facteurs, les grands patrons pourront donc continuer de s’en laver les mains, d’autant mieux que ces critères de pénibilité ne seront bientôt plus considérés en tant que tel.

Retrouvez le rapport complet de la DARES ici