Cuba : le Parlement européen s’aligne derrière les États-Unis

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Cuba : le Parlement européen s’aligne derrière les États-Unis

Alors que le président cubain, Miguel-Diaz Canel, termine sa tournée européenne, l’ambiance n’est pas à la bonne entente. Le 12 juillet dernier, le Parlement européen a adopté une résolution contre « les violations et abus systématiques des droits de l’homme […] perpétrés par le régime cubain ». Résultat d’une volonté de saboter toute tentative de coopération, cette résolution apparaît être le reflet d’une bataille idéologique déjà bien entamée.

Une tentative de couper court aux dialogues 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette résolution arrive à point nommé pour tous les détracteurs de Cuba. Présenté à la veille de l’important sommet des chefs d’État de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) et de l’Union européenne qui s’est tenu le 17 juillet dernier, le texte reprend quasiment mot pour mot les invectives des campagnes mensongères menées contre Cuba depuis des années.

La résolution adoptée grâce aux votes de la droite, de l’extrême droite, et d’une partie de la gauche libérale met très largement en cause le déplacement à Cuba du vice-président de la Commission européenne et représentant de l’UE pour les affaires étrangères, Josep Borrell en mai dernier à l’occasion du Troisième Conseil conjoint Cuba-Union européenne. 

Celui-ci est accusé de « blanchir » le régime de ses « violations systématiques des droits de l’homme ». En réalité, Joseph Bornel ne fait qu’appliquer l’accord de dialogue politique et de coopération (ADPC) signé par les vingt-sept États membres de l’Union européenne en 2016 et qui encadre les relations entre les deux parties. Les ficelles sont grosses : le Parlement européen souhaite saboter toute tentative de dialogue et de coopération avec Cuba, notamment par l’intermédiaire de la CELAC.

Le Parlement Europe s’aligne derrière Washington

Si cette résolution en tant que telle n’a pas d’effet contraignant, elle valide par son contenu les politiques impérialistes des États-Unis à l’égard de Cuba. Les arguments éculés sur « les violations systématiques des droits de l’homme » font office de motifs pour justifier le blocus illégal de l’île imposé par les États-Unis depuis plus de 60 ans. À noter que ce dernier va à l’encontre du droit international et des accords européens de coopération entre pays et communautés de pays. Chaque année, des dizaines d’États se prononcent très majoritairement à l’ONU pour la levée du blocus qui a des effets meurtriers sur le peuple cubain et le développement de l’île.

Cette position prise par le Parlement européen sous l’impulsion de la droite et de l’extrême droite n’est pas un acte isolé. Elle démontre l’incapacité de l’Union-européenne de défendre son indépendance et sa souveraineté face aux politiques impérialistes des États-Unis contre Cuba. L’Union-européenne s’est pourtant dotée depuis le 22 novembre 1996 d’une législation pour se protéger de l’extraterritorialité des lois américaines. Aujourd’hui, cette posture « passive » de l’Europe se traduit par le maintien du blocus qui affecte l’ensemble des pays. L’embargo empêche de commercer avec l’île du fait du caractère extraterritorial des sanctions. De même, les entreprises étasuniennes sur le territoire européen sont libres d’appliquer le droit américain. 

Cuba dénonce une morale à deux vitesses de l’Union-européenne

Dans une déclaration publiée le 13 juillet, l’Assemblée nationale du pouvoir populaire de la République de Cuba (ANPP) condamne fermement la résolution et l’interventionnisme déplacé du Parlement européen. Exaltant le fait que ce dernier n’a pas de pouvoir ni juridique ni moral pour juger l’île, l’ANPP dénonce le « deux-poids-deux-mesures en matière de jugements de valeur », et souligne son silence vis-à-vis de la résurgence du fascisme en Europe.  

Dans cette même déclaration, les députés cubains appellent à respecter l’accord de coopération entre Cuba et l’Union européenne et l’engagement de ses 27 États membres.

En France, les communistes réitèrent l’urgence de la levée du blocus criminel contre Cuba qui asphyxie tout un peuple, bloque le développement de l’île. Cuba doit être retirée de la liste des États finançant le terrorisme, et l’acharnement contre le peuple cubain doit cesser. L’extraterritorialité des sanctions étasuniennes, par son existence même, sabote le respect du droit international.


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