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Pas de rupture dans la majorité antisociale de Macron

Il y aurait un vent de fronde dans le camp de la majorité présidentielle.

On peut lire que les nouveaux statuts de la République en Marche ne passeraient pas auprès de la base ou encore que des députés se montreraient critiques envers le futur statut accordée à la première dame. La récente chute dans les sondages d’opinion du Président ouvre même pour certains la possibilité d’une comparaison avec le précédent quinquennat.

Pourtant que ce soit sur le fonctionnement de son parti, qu’il faut bien appeler ainsi, ou sur le statut de sa femme, M. Macron ne fait que mettre en application sa vision des choses.

Il n’a jamais été à la recherche d’une structure partisane, et n’a construit son mouvement qu’autour de sa personne. Cette formation n’a pas d’autre utilité que d’être le relai de sa vision. L’absence de démocratie en son sein en découle donc tout à fait logiquement.

Les quelques « marcheurs » qui aspirent à plus de démocratie au sein de leur parti feraient bien de regarder le fonctionnement imposé à l’Assemblée depuis le début de la nouvelle législature. Quand le président méprise la démocratie à l’échelle du pays, il n’est pas étonnant qu’il en fasse de même à l’échelle de son parti.

Les débats autour de la loi dite de moralisation de la vie publique n’ont semble-t’il pas eu d’autres utilités que d’entretenir une suspicion sur l’activité des parlementaires et de délégitimer leur action. Il semble plus facile de s’attaquer à l’indemnité de frais de mandat qu’aux honteuses plus-values perçues sur le dos de salariés licenciés.

Sa conception monarchique du pouvoir, quasiment messianique, transparaît également dans sa volonté de donner un statut à sa femme. Cette lubie, en plus de relever d’une conception du couple d’un autre temps, vient contraster avec l’interdiction faites aux parlementaires de recourir aux emplois familiaux.

Pendant que se multiplient les analyses plus ou moins inspirées et les prédictions farfelues sur une éventuelle explosion de la majorité présidentielle, la loi d’habilitation autorisant le gouvernement à prendre des ordonnances a été adoptée. Cette adoption s’est faite avec une majorité dépassant celle du camp présidentielle.

Les sondages d’opinions, les « frondes internes », et tous ces petites choses qui permettent de remplir les éditos d’été ne doivent pas masquer le fait qu’il y a aujourd’hui au pouvoir une très large majorité antisociale.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde