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Edito : Election de Wauquiez, vers un débat public droite contre droite ?

A la suite d’un scrutin sans surprise et sans passion, Laurent Wauquiez a été largement élu à la tête de LR dès le premier tour.

Passé de la droite sociale à la droite décomplexée, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpe, le nouveau leader de la droite récupère les rênes d’un parti fortement affaibli. L’année 2017 aura été rude pour le parti de la droite, au fiasco de l’élection présidentielle s’est suivie la déroute des législatives lors de scrutins qu’ils étaient prédestinés à gagner.

La déferlante Macron puis En Marche, a laissé le parti historique de la droite gouvernementale dans une profonde interrogation. Les débats à l’Assemblée sur les mesures libérales du gouvernement, n’ont pas permis à la droite de retrouver un sens à son existence, tant les députés de la droite peinent à exister.

On aurait tort de considérer la droite comme morte et enterrée pour autant. Laurent Wauquiez a l’avantage pour lui d’une certaine jeunesse, n’étant l’aîné du Président que de trois petites années. Il a l’avantage de la légitimité retrouvée. La droite habituée des plébiscites bonapartistes lors de la désignation de son chef, s’était retrouvée dans une piteuse position après la guerre entre Fillon et Copé.

La participation au scrutin interne a également été une bonne surprise avec 99 597 votants, bien au-dessus des prévisions, même si on est loin des 155 851 votants du congrès de 2014 au cours duquel Sarkozy avait repris la main. Cette participation couplée à la large victoire de LR au sénat, prouve que le camp conservateur a encore de la ressource.

C’est la question de son positionnement qui est maintenant ouverte. Coincé entre la REM et son libéralisme économique portés sans complexe et un Front National qui s’est fait le champion des positions xénophobes et “souverainistes”, LR peine à s’affirmer.

La méthode traditionnelle de la droite dans l’opposition fonctionne mal. La surenchère outrancière sur tous les sujets a fini par les couper d’une partie de leur électorat conservateur surtout soucieux du statu-quo plutôt que des grands chambardements.

En jouant la carte “des territoires” face à “Paris” Laurent Wauquiez se repose sur un des fondements de la droite française qui peut mettre à la peine le camp présidentiel. Ses critiques de l’Union Européenne et ses sorties profondément xénophobes peuvent toutefois le couper d’une partie de l’électorat de droite dit modérée. Encore faudrait-il que cet électorat ne soit pas déjà totalement acquis à Macron, comme plusieurs enquêtes d’opinion tendent à le montrer.

L’émergence d’une véritable opposition de droite n’est pas pour rassurer. Aussi jupitérien que le Président de la République puisse s’afficher, une opposition structurée et efficace finit toujours par influencer un peu les politiques gouvernementales.

Les politiques anti-migrants menées par l’actuel gouvernement, ne peuvent par exemple que trouver une légitimité nouvelle dans la restructuration d’un pôle politique de droite. Portées par le leader de la droite, certaines positions portées par le FN pourraient plus facilement être reprises par le gouvernement.

Si aujourd’hui l’opposition gouvernementale paraît être incarnée par Mélenchon, l’émergence d’une figure plus jeunes, dotée d’une base parlementaire nettement plus importante et contrôlant la haute assemblée, risque de rapidement faire basculer la polarisation des débats sur la droite.

Rédaction
Collectif de rédaction d'Avant Garde