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Edito : Grève SNCF, Macron au 13h de TF1 jeudi pour dénoncer la chienlit

Le Président de la République fait face à une contestation multiple rythmée par la grève des cheminots. Largement resté en retrait depuis deux semaines, il doit monter au créneau jeudi midi prochain au 13h de TF1.

Son image de Président des riches se confirme sondage après sondage, les offensives médiatiques de sa majorité depuis janvier, n’y ont rien changé. Difficile de faire croire l’inverse étant donné le bilan de sa première année de quinquennat. Sans accorder plus de crédit que nécessaire aux différents baromètres de confiance, les résultats de celui des Echos sont édifiants. Dans le même mois, le Président perd 7 points chez « les classes populaires » tandis qu’il en gagne 6 chez les « cadres ».

Une autre enquête montre également que le message présidentiel peine à imprimer dans les esprits. Il y a un an, un tiers des Français classait le parti du président à droite de l’échiquier politique, c’est aujourd’hui la moitié qui le fait selon une enquête sortie à l’occasion de la 27e journée du livre politique. Le nouveau monde ressemble à l’ancien.

Alors que la grève à la SNCF reste suivie massivement, le Président qui prétendait avoir la parole rare il y a un an, se voit contraint de courir les plateaux télé. L’emblématique 13h de TF1 d’abord où il ne devrait pas trop craindre les questions d’un Jean-Pierre Pernaut qu’on attend obséquieux. Le dimanche, il sera face à Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel en direct sur Mediapart, BFM et RMC, où on peut s’attendre à quelque chose de plus proche de l’interview politique.

L’opération s’annonce toutefois compliquée pour le Président, tant il ne peut pas espérer convaincre ceux qui sont face à lui dans la rue. Ses politiques sont fondamentalement contre leurs intérêts et ils s’en rendent compte. Les contestations s’accumulent sans pour autant s’agglomérer et forment davantage un patchwork de revendications qu’une contestation globale. La parole présidentielle pourrait les agglomérer tant Emmanuel Macron fait lui de ses différentes réformes un projet global matricé par une très forte idéologie libérale.

Pour qu’il y ait agglomération, la « convergence des luttes », appelée par tant de responsables politiques, il faut déjà qu’il y ait mobilisation. Sans nier l’existence de ces dernières, il est également nécessaire de reconnaître leur faiblesse.

La mobilisation des fonctionnaires, notamment autour de revendications salariales, peine à trouver un rythme. Une date le 10 octobre dernier, puis le 22 mars et rien d’autre annoncé depuis. L’appel commun à une mobilisation demain, d’une partie des syndicats d’enseignants et chercheurs avec des syndicats étudiants et lycéens, signe comme un aveu d’échec.

L’appel lancé par la fédération mines énergie de la CGT à une mobilisation, a pour l’instant peu d’effet. Les mobilisations à Carrefour et Air France sont spécifiques, ne sont pas liées à l’agenda gouvernemental, et paraissent difficilement pouvoir s’inscrire dans un cadre contestataire plus large. La mobilisation étudiante est aussi massive par endroits que inexistante dans d’autres.

Dans ce contexte, le Président a encore une marge de manoeuvre non négligeable. Son offensive médiatique peut tout à fait fonctionner. Ce n’est pas un hasard s’il choisi de s’exprimer deux fois à la veille de l’appel interprofessionnel du 19 avril de la CGT. Le succès ou non de cette date peut être le tournant des différentes mobilisations, à défaut d’être celui d’un quinquennat qui ne fait que commencer.

L’importance du 19 avril est donc bien intégrée par l’Elysée, moins par les opposants en chef déclarés visiblement, qui n’ont pas hésité la semaine dernière à ajouter une curieuse date de manifestation un samedi au milieu d’un pont, quatre jours après le premier mai. C’est peut être dans l’absence de sérieux d’une partie de l’opposition que le président a trouvé son meilleur allié.

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Collectif de rédaction d'Avant Garde