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Edito : Macron, fort en France pousse son avantage à l’international

Aujourd’hui c’est le 55e anniversaire du Traité de l’Elysée, accord entre les chefs d’Etat français et allemand de 1963, De Gaulle et Adenauer. Ce protocole qui prévoit des rencontres régulières entre les gouvernements français et allemand en vue d’établir des politiques communes dans les domaines concernant les intérêts mutuels des deux pays, est souvent nommé couple franco-allemand, et perçu comme le moteur de la “construction européenne”.

Ce traité a également permis de dépasser les guerres dans les esprits.

Ce couple franco-allemand illustre à quel point l’Union Européenne n’a pas permis de mettre les pays membres sur un pied d’égalité et n’a fait qu’institutionnaliser les relations impérialistes. La Grèce paye encore durement les choix faits contre ses intérêts par les deux puissances qui se sont substituées à ses créanciers.

Ce couple n’a pas toujours été dans une relation d’égal à égal. La puissante chancelière allemande Angela Merkel a pu largement profiter de la faiblesse politique des deux précédents chefs d’Etat français pour imposer ses vues. En apparence du moins. Ces derniers trouvant un certain confort à rejeter la responsabilité de leurs décisions impopulaires sur les épaules de la dirigeante d’outre-Rhin.

Aujourd’hui, la relation c’est quelque peu inversée. La victoire de Macron à la présidentielle française et ses coups d’éclat à l’international ont permis de le faire passer dans les esprits pour le nouveau “leader européen”. Parallèlement, dans la lignée de l’incroyable concours de circonstance de l’arrivée au pouvoir du Président français, Merkel a enregistré un revers électoral qui l’a affaibli.

La montée de l’extrême droite en Allemagne, puis l’échec de la formation d’une coalition avec les libéraux et les écologistes, ont conduit la chancelière à devoir négocier à nouveau une grande coalition avec un SPD moribond et réticent.

Le rêve de Macron d’imposer sa marque à l’échelle de l’UE n’est pas pour autant à portée de main et le chemin reste semé d’embûches. Les allemands n’ont toujours pas montré d’enthousiasme particulier pour les propositions françaises. La ReM n’a toujours pas choisi sur quelle formation européenne elle entendait s’appuyer pour les prochaines échéances électorales.

C’est dans ce contexte qu’un nouveau traité de l’Elysée devrait voir le jour. Une résolution en ce sens devrait être votée aujourd’hui par les parlements français et allemands, en France les députés communistes ont déjà annoncé qu’ils voteraient contre. Toutefois ce renforcement du tandem franco-allemand pourrait fâcher les autres pays membres de l’UE, aussi le contenu de ce nouveau traité devrait être limité, se contentant d’accroître le rôles des parlements dans la coopération.

Le Président français entend toutefois profiter un maximum de ces circonstances favorables et de la dynamique qu’il a su maintenir depuis son élection, en écrasant toute opposition. Choisissant d’ignorer les symboles, il convie ainsi aujourd’hui une centaine de dirigeants de multinationales à Versailles, à huis clos, sous le titre anglais “Choose France”.

Ce temps d’échange qui prendra notamment la forme d’un speed dating avec des membres du gouvernement profite du déplacement de ces dirigeants au forum de Davos, auquel Macron se rendra également.

Leader de l’Europe, peut-être, président des riches, certainement.

 

Rédaction
Collectif de rédaction d'Avant Garde