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Edito : Macron profite de la misère pour la répandre

Tous les entrepreneurs ne se ressemblent pas. Le président de la République tout en les vantant tous comme un ensemble homogène, sait pourtant qu’il existe des secteurs où il n’est pas en terrain conquis. C’est le cas au salon de l’agriculture où il s’est rendu samedi dernier.

Ici, pas ou peu de “French Tech”, les entrepreneurs de ce salon ne partagent pas des bureaux de coworking, ils ne font pas de levées de fonds spectaculaires, ne présentent pas leur business modèle à l’aide de vidéos YouTube. Les paysans, sont pourtant tout autant du nouveau monde que de l’ancien, impossible de concevoir une société sans paysan.

L’exercice de la visite présidentielle au Salon de l’Agriculture appartient cependant au monde ancien, mais il semble que l’actuel locataire de l’Elysée n’est pas trouvé comment s’y soustraire. Son agenda s’y prêtait plutôt bien, sous couvert de vouloir bouleverser le monde ancien, le Président de la République remet au goût du jour de vieilles revendications. Le rétablissement d’un service national pour occuper les jeunes, une énième loi dirigée contre les étrangers, la remise en cause du statut des cheminots maintenant et bientôt une nouvelle réforme des retraites.

Le vieux monde a rattrapé le nouveau.

Certes, Emmanuel Macron a fait déjeuner 700 jeunes agriculteurs avant de se risquer au salon de l’agriculture. Ce n’aura pas suffit pour faire taire les sifflets, il s’est même offert des petites altercations verbales, ce qui n’est pas sans rappeler son prédécesseur Nicolas Sarkozy, qui faisait la même chose il y a dix ans.

Après avoir fanfaronné sur le fait d’être aller au contact d’agriculteurs qui le huait, le courage avec trois cercles de protections rapprochées est souvent décuplé, le Président a répondu à un salarié de la SNCF. Le moins qu’on puisse dire c’est que la réponse présidentielle à l’interpellation sur la réforme prévue pour la SNCF, ne transpire pas la “pensée complexe” :

“Je ne peux pas avoir d’un côté des agriculteurs qui n’ont pas de retraite et de l’autre avoir un statut de cheminot et ne pas le changer.”

On peine à comprendre en quoi les agriculteurs profiteront du fait que les cheminots seront à l’avenir moins bien rémunérés. L’ouverture à la concurrence du transport par rail ne devrait pas vraiment favoriser les milieux ruraux qui abritent les paysans.

A l’inverse on voit bien que la concurrence des produits agricoles issus de pays aux normes sociales, environnementales et sanitaires nettement inférieures, pèse gravement sur les revenus des agriculteurs. De la même manière qu’avant même l’ouverture à la concurrence consommée, celle-ci va avoir un impact direct sur les conditions de travail et les revenus des futurs travailleurs du rail.

On pourrait même s’amuser à retourner la formule du chef de l’Etat pour étaler le cynisme qui anime les dirigeants politiques.  

“C’est parce qu’il y a des agriculteurs sans retraite qu’on peut attaquer le statut de cheminot.”

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde