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Edito : Des ordonnances au G20, des dirigeants loin des peuples

Sourd à toutes les critiques et fort d’une majorité gagnée par la démobilisation de l’électorat, le gouvernement continue sa marche forcée sur ses ordonnances.

La conception plus que limitée du travail parlementaire d’Emmanuel Macron a donné lieu à des scènes surréalistes à l’Assemblée Nationale dont la commission des affaires sociales vient d’adopter la loi d’habilitation.

Ces ordonnances vont venir compléter le travail de sape des droits des salariés déjà entamé par la loi El Khomri. Cette attaque brutale contre ceux qui « sont rien » ne vient pas seule.

Dans son discours de mardi dernier, Edouard Philippe réaffirmait les objectifs du président en matière de diminution de la dépense publique. 60 milliards d’économie, 120 000 fonctionnaires en moins. Derrière ces chiffres, c’est une véritable guerre aux couches populaires que déclare le gouvernement.

Au-delà des dogmes et des chiffres, l’austérité c’est avant tout une diminution des services publics et donc de leur effet sur les conditions de vie de millions de français.

Ces mesures d’économie ne concernent d’ailleur pas tout le monde, ainsi le patronat s’est déjà vu promettre d’importantes baisses d’impôt dès l’année prochaine.

Il semble que les conditions de vie de la majorité des citoyens n’intéressent guère nos dirigeants. La réunion du G20 ce weekend n’a une fois de plus pas placé les conditions de vie au coeur des préoccupations.

Les plus de 70 000 manifestants qui s’étaient déplacés à Hambourg samedi, ont une fois de plus été ignorés. Les images d’affrontements ont largement éclipsé cette manifestation dans les médias.

Les dirigeants de 19 plus importantes puissances économiques ont ainsi acté la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris. Ce revirement de la première économie mondiale pose de sérieuses questions  sur la capacité à atteindre les objectifs de réduction des émissions de CO2.

Il semble d’ailleur que la nécessité de diminuer les émissions de CO2 soit régulièrement sacrifiée au nom de mesures idéologiques. C’est ainsi que Nicolas Hulot après avoir annoncé la fin de la vente de véhicules thermiques en 2040, a cru bon de proposer la fermeture d’une part importante de la production électrique nucléaire française.  

Ce n’est pas la déclaration optimiste de Macron sur un éventuelle retour à la raison des Etats-Unis qui nous rassurera. L’accord de Paris semble sérieusement compromis.

Ce ne sont pas les dirigeants du G20 qui en subiront les conséquences. Tout comme ce ne sont pas les catégories de la population représentées par les députés de la majorité présidentielle qui subiront les conséquences de leurs lois.

Il semble que « ceux qui réussissent » sont ceux qui font peser les risques sur « ceux qui sont rien ».

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde