EditoAvant Garde | Rédaction
A LA UNE

Edito : Petites phrases et grande loi Travail

Ce week-end, Bordeaux et Rennes se sont un peu rapprochées de Paris, suite à l’inauguration de deux LGV. Le Drian en profitera davantage que Juppé.

Cette info est particulièrement intéressante parce qu’elle concerne les gares, et il paraît selon notre président que dans les gares, il y a les gens qui réussissent et ceux qui ne sont rien. Il ne reste plus qu’à savoir dans quelle catégorie se trouvent, les quelques milliers de personnes qui ont pris le train ce week-end pour le lancement du mouvement de Benoît Hamon.

Cette initiative a aussitôt été raillée par Mélenchon qui y voit un spasme de la vieille gauche, unie contre lui. Il faut noter qu’entre le M1717 et la FI, outre des dénominations abscons, il est promis le même objectif de dépassement des partis en vue et de “refaire la gauche”. Au vu des scores électoraux, c’est un marché de niche, on comprend la férocité de la concurrence.

Pendant que ces petits gens s’amusent en petites combines, la bourgeoisie et ses valets ne perdent pas le nord. La loi Travail 2 est en bonne voie et la ministre du travail a ainsi pu tranquillement déclarer, que le code du travail servait à embêter les 95% d’entreprises qui respectent les règles.

La pertinence de l’analyse ne peut qu’être saluée, effectivement, quand on ne respecte pas les règles ces dernières n’embêtent pas. Il semble de plus, qu’elles s’y connaissent un peu en non respect des règles.

Les dernières révélations sur le non respect de la procédure d’appel d’offre pour l’organisation d’un voyage promotionnel de Macron semblent pointer sa responsabilité directe. Pour remettre un peu de réel, l’actuelle ministre du travail a utilisé 400 000€ d’argent public directement auprès d’un prestataire pour que Macron puisse faire sa promo auprès de “ceux qui réussissent”  à Las Vegas.

Ce dernier ne semble pas non plus être très préoccupé par le respect des règles. On comprend toutefois mieux sa volonté de permettre au patronat d’ignorer le code du travail, quand lui même ignore superbement la Constitution du pays.

Depuis 2008, le président a effectivement la possibilité de s’exprimer devant l’Assemblée Nationale et le Sénat réunis. Cependant en le faisant avant même que le premier ministre présente son discours de politique général, il se place de facto en chef du gouvernement. Sans engager sa responsabilité. Dans la Ve république, c’est effectivement symbolique.

La symbolique a son importance, et le président le sait bien. Il n’aurait pas chercher la comparaison avec Jupiter autrement. Cette initiative laisse finalement apparaître le mépris qu’il ressent pour le travail parlementaire. Il souhaite diriger la France comme une entreprise, gardons en tête que les entreprises ne sont pas démocratiques.

Pour finir, il est vrai qu’il y a des “gens qui sont rien”, nous l’avons toujours dit, nous disons aussi qu’ils sont majoritaire et qu’ils doivent être tout.

Rédaction
Rédaction
Collectif de rédaction d'Avant Garde