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Édouard Philippe : « un homme de droite, un libéral convaincu, un allié des puissants »

Nous avons appris aujourd’hui le nom du 1er ministre désigné par E. Macron : Édouard Philippe, 47 ans, énarque, passé un temps par le Parti Socialiste puis maintenant aux Républicains. Travaillant dans le public, puis dans le privé comme avocat ou directeur des Affaires Publiques à Véolia (=lobbyiste). Son parcours, ses petites phrases passent en bouclent dans tous les médias, qui scrutent ses tweets, chroniques etc…

Nous, nous sommes intéressés à l’homme maire du Havre depuis 2010 et député depuis 2012, et sommes allés en discuter avec Baptiste Bauza, jeune secrétaire de la section du Parti Communiste Français au Havre.

Avant-Garde : Vous qui connaissez bien Édouard Philippe, quel est votre réaction à cette nomination ?

Baptiste Bauza : D’abord, nous ne sommes pas surpris. Déjà parce que la rumeur circulait, mais aussi car il est à l’image de Macron : ni de gauche ni de gauche. Ils se marieront bien pour mener la politique qu’ils prônent tous les deux… Edouard Philippe est comme Macron un défenseur des intérêts de la finance, un homme qui laisse se détruire les collectivités territoriales par la baisse des budgets, etc. Au final ils se ressemblent beaucoup !

A-G : Vous qui pratiquez ses choix de gestions municipaux, à quoi devons-nous nous attendre à l’échelle du pays ?

B. B : Si Edouard Philippe fait pareil avec la France qu’avec Le Havre, ça n’augure rien de bon… C’est « le maire du laisser-faire ». Le Maire qui ne fait rien pour sauver les boîtes qui ferment, qui n’agit pas pour effectuer les investissements nécessaires au territoire au développement du port, qui laisse se dégrader les services publics (fermetures d’antennes de la Caf dans les quartiers, fermetures de bureaux de poste, etc.). De même il ne s’est jamais opposé à l’austérité imposée aux collectivités territoriales dont le Havre souffre tellement… Honnêtement, il va y avoir des combats à mener !

A-G : Edouard Philippe est-il, clairement un homme de droite ?

B. B : C’est un homme de droite. Un libéral convaincu, un allié des puissants, il n’y a pas de doutes. Les politiques qu’il mène le prouvent. Alors bien sûr il ne tient pas les discours d’un Laurent Wauquiez où je ne sais qui, il est maire d’une ville traditionnellement de gauche et il le sait. Il a refusé tout le long de son mandat de se positionner sur les sujets nationaux, maintenant il va devoir assumer. Et puis entre nous il n’y a aucun doute, il a été soutien d’Alain Juppé, il vient même de participer à un meeting il y a quelques jours pour défendre les candidats Les Républicains dans la ville !

A-G : Le Havre est une ville et très symbolique. C’est désormais la ville du premier ministre mais on sait que c’est une ville de luttes et de résistances comme en témoigne la mobilisation contre la Loi Travail. Comptez-vous faire du Havre un point d’appui pour mener le combat contre la politique du Tandem Macron-Philippe ?

B. B : Clairement, oui. Nous voulons marquer ses premiers mois et nous n’allons pas les lâcher. Nous avons été une ville en pointe de la lutte contre la Loi Travail pour défendre les intérêts de toutes et tous et aujourd’hui, notre maire va mener avec Macron la casse du droit du travail par ordonnance ? Nous ne leur laisserons aucuns répits. Nous allons mettre Edouard Philippe en échec à Matignon et au Havre également. Nous serons de toutes les luttes et ça dès les législatives pour faire des candidats de combats à l’assemblée Nationale ! Sur la ville du Havre nous nous battrons dans les deux circonscriptions, avec Jean Paul Lecoq et Nathalie Nail sur une partie de la ville et avec le binôme que je compose avec Catherine Guney, syndicaliste, sur l’autre partie.

 

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde