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Élections législatives en Israël : la victoire revendiquée par Netanyahou n’est pas assurée

Le troisième scrutin des élections législatives en Israël ne permettrait toujours pas de dénouer la situation.

Lundi 2 mars avaient lieu les élections législatives israéliennes de 2020. En avril et en septembre 2019, des élections n’avaient pas permis de constituer une majorité, ce qui bloquait la constitution d’un nouveau gouvernement. En effet, en Israël c’est une majorité absolue à l’Assemblée qui choisit le chef du gouvernement. Cette majorité est fixée à 61 élus·e·s. De ce fait, lorsqu’aucune liste n’atteint ce niveau, des coalitions se créent afin de réunir le nombre de sièges nécessaire pour former une majorité. Lors des deux derniers scrutins, aucune majorité n’avait pu se dégager malgré les tentatives de coalitions.

En septembre 2019 la Joint List, union des partis arabes et de gauche, où l’on trouve le parti communiste Hadash, avait obtenu trois nouveaux sièges. Cela leur avait permis d’atteindre 13 député·e·s sur les 120 que compte la Knesset. Le Likoud, parti de Benyamin Netanyahou, et le parti Bleu blanc de Benny Gantz, étaient au coude à coude, avec 32 députés pour le premier, et 33 pour le deuxième.

Cette fois, c’est le Likoud qui passe en tête et gagne 36 sièges, ne parvenant cependant pas à atteindre de majorité — même avec ses alliés d’extrême droite — contrairement aux annonces de Netanyahou au lendemain des élections. Son rival Gantz maintient ses 33 sièges. La Joint List atteint les 15 sièges, affirmant ainsi sa position de principale opposition de gauche.

Malgré ce dernier résultat encourageant, le parti Bleu blanc et la Joint List n’obtiennent qu’une union de 55 député·e·s, ce qui ne permet pas de créer une coalition atteignant la majorité. En face, la droite et l’extrême droite pourraient réaliser une coalition de 58 députés.

Une nouvelle fois, la constitution de coalitions en vue d’une majorité semble nécessaire pour pouvoir former un gouvernement. Le cabinet du président Rivlin annonce attendre les résultats définitifs du dépouillement des votes, prévus mardi 10 mars, pour faire une annonce.

Les Palestiniens redoutent un cinquième mandat de Netanyahou, alors que les territoires cisjordaniens continuent d’être réduits par la politique colonialiste menée par Israël. La fin de son règne, entrevue avec l’émergence de Gantz et la Joint List, représente un espoir de pouvoir freiner les annexions de territoires palestiniens et le développement de l’apartheid en Israël, où les droits humains ne cessent d’être bafoués.

Cependant, nous gardons bien à l’esprit le passé de Gantz, ancien chef des armées et donc aux manettes lors des violences commises à Gaza en 2014. Nous retenons ici une avancée des forces progressistes réunies dans la Joint List.