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SPORT

Entretien avec Anne-Cécile Ciofani, vice-championne du monde de rugby à 7

Anne-Cécile Ciofani a 24 ans. Joueuse de l’AC Bobigny 93 Rugby, elle vient avec l’équipe de France 7 de prendre la 2ème place de la Coupe du Monde. Nous l’avions interviewé avant le tournoi.  

Comment es-tu arrivée au rugby ? Les préjugés t’ont-ils gênée au début?

J’ai commencé le rugby parce que c’était obligatoire en staps dans ma fac. Ensuite avec mes qualités physiques comme je venais de l’athlétisme ça a été plus facile pour moi. Effectivement courir avec un ballon c’est différent mais pas compliqué.

Ensuite ce qui m’a poussé vers le club de Bobigny c’est notre entraîneur qui était à la fois à la fac et à Bobigny. Je n’avais pas vraiment envie au début mais j’ai fini par me laisser tenter.

C’est l’appel du haut niveau qui m’a fait rester au départ et ensuite j’ai eu le plaisir de jouer avec une équipe, j’ai découvert des nanas supers et c’est vraiment elles qui m’ont fait signer d’année en année.

À aucun moment je ne me suis dis que ce n’était pas un sport pour les femmes tellement j’étais impressionnée par l’implication de toutes les joueuses sur le terrain.

Peux-tu revenir rapidement sur ton palmarès et ta carrière?

J’ai commencé le rugby à 7 avec la fac de Bobigny on a gagné les Championnats de France universitaires et on s’est qualifié pour les Championnats d’Europe en Hongrie. Ensuite j’ai intégré une équipe de seven de haut niveau : les Paris Ladies. Nous avons participé à de grands tournois tels que le Hinton, le Stanislas Seven que l’on a remporté une fois.

Parallèlement je jouais avec le club de bobigny à 15 et à 7. Nous avons remporté deux fois la coupe de France à 7, deux belles victoires.

Sur le plan international j’ai intégré le circuit très récemment en décembre 2017 sur le tournoi de Dubaï avec l’équipe de France à 7.

Tu te concentre sur ta carrière sportive pro. Quel est ton statut exactement ?

J’ai signé depuis cette année un contrat pro c’est donc mon métier. Nous avons convenu d’un double projet avec la fédération pour que celles qui souhaitent faire des études puissent avoir du temps libre. Nous ne sommes donc pas à temps complet mais à 75%.

Qu’est-ce que tu penses de la place des femmes dans ce sport depuis que tu y es arrivée ?

On doit se battre pour être considérée ! Réellement. Et tout le temps. Par rapport aux mecs qui eux peu importe qu’ils gagnent ou perdent sont admirés, félicités, encouragés… C’est vrai que pour les femmes c’est un perpétuel combat qui commence à payer surtout grâce aux résultats en grand championnat.

Quand tu discutes avec les anciennes, tu constates quand même des progrès depuis quelque temps, mais parce qu’elles ont tout fait pour. Si on ne demande pas on ne nous propose pas, alors que les hommes eux ne demandent pas mais on leur propose spontanément donc ils peuvent même choisir. Au niveau de la dotation ou des salaires par exemple.

De plus le statut pro chez les femmes est très récent. Les premiers datent de 2012 et ne sont toujours pas des 100%.

Selon toi qu’est-ce qu’il faudrait faire pour la promotion du rugby féminin ?

La communication et les médias c’est surtout ça.

Cette année ce qu’a fait la fédération de rugby, j’ai vraiment trouvé ça super.  Il y a eu de la pub partout, les médias se sont emparés du sujet, les filles ont pu jouer face à un public énorme. Même sur les réseaux sociaux l’actualité de leur 6 nations a été suivie de près. J’ai trouvé ça vraiment énorme. Pour le 7 c’est moins développé encore. Il serait bien de médiatiser les tournois sur des chaînes publiques.

Quelles sont tes ambitions pour ta toute nouvelle carrière pro?

Les JO !! ceux de 2020 déjà et pourquoi pas 2024 ! Et je pense qu’on a largement les moyens d’égaler les équipes qui nous devancent pour le moment.

Tu as donc toujours joué en Seine-Saint-Denis, penses-tu que le rugby ait un rôle à jouer auprès des jeunes du département ?

Oui je pense que le rugby joue un rôle important auprès des jeunes qui n’ont pas de grands moyens. Et en termes de valeurs ça apporte tellement : le rugby, c’est l’école de la vie.