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Entretien avec P. Martinez : « Le 1er mai doit être une journée de fortes mobilisations contre le FN, conjuguée à une exigence de progrès social »

A quelques heures de la grande mobilisation du 1er Mai, Avant-Garde a interrogé Philippe Martinez, Secrétaire Général de la CGT, sur l’actualité d’entre deux tours et le besoin urgent de mobilisation commune entre les jeunes et le monde du travail.

Avant-Garde : Les résultats du 1er tour sont tombés et avec eux la triste nouvelle pour les salariés d’un second tour opposant la candidate d’extrême droite Marine le Pen au candidat de la finance Emmanuel Macron. Quel est votre ressenti ?

Philippe Martinez : Les résultats du premier tour confirment les craintes que nous avons depuis plusieurs mois. Une campagne électorale où les problématiques économiques et sociales n’ont pas été assez présentes dans le débat. Une campagne aussi marquée par ce qu’on appelle les affaires symbolisées par Fillon et celle curieusement moins médiatisée de Le Pen.

Cela entraîne un rejet des politiques et une forme de désespérance, de sentiments d’abandon et des choix par défaut ou de colère. Dans le même temps, les différents partis dits de gouvernement n’ont fait aucune autocritique de leur bilan renvoyant toutes les responsabilités de ce résultat sur les citoyens en culpabilisant les électeurs.

A-G : On sait la force avec laquelle la CGT dans son histoire, comme au présent s’est toujours attachée à combattre l’extrême droite sous toutes ses formes. Comment comptez-vous vous opposer à sa candidate et ce qu’elle incarne dans la séquence ? Quel ton particulier prendra la journée du 1er mai au vu du contexte ?

P.M : La CGT a engagé une campagne contre le front national depuis plusieurs mois tant sur les valeurs que sur son programme économique et social.

Même si ce n’est encore satisfaisant, on peut constater que là où il y a présence CGT, le vote FN est moins important qu’ailleurs.

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Le 1er mai doit donc être une journée de fortes mobilisations contre un parti raciste, autoritaire, voulant remettre en cause les libertés individuelles et collectives, conjuguée à une exigence de progrès social et de convergences de luttes.

A-G : Beaucoup de jeunes se sont mobilisés au printemps dernier contre la Loi Travail contre laquelle vous vous êtes également battu. La perspective est compliquée pour eux, et pourtant notre génération semble prête à se mobiliser sous de multiples formes. Quel message avez-vous à leur adresser ?

P.M : Nous avons besoin de consolider les liens entre la jeunesse et le monde du travail dans des mobilisations et des actions communes. Cela passe par des liens plus étroits pour construire des revendications spécifiques et intergénérationnelles.

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