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Européennes 2019, demandez le programme de Ian Brossat

La liste du PCF pour les élections européennes conduite par Ian Brossat, dispose désormais d’un site internet. L’occasion de se pencher sur les propositions portées par les communistes au prochain scrutin européen.

Le PCF et l’Union européenne

La construction de l’union européenne a été longtemps un consensus au sein d’une large partie du spectre politique. De la gauche sociale démocrate, jusqu’à l’extrême droite, les premiers traités étaient largement soutenus. Il s’agissait alors de renforcer une Europe “libre” face à l’Union soviétique et ses alliés. Le parti communiste est donc le seul parti qui s’est systématiquement opposé à ces traités.

L’opposition du parti communiste à ces traités ne vise pas tant la volonté de coopération affichée que les logiques dans lesquelles doit nécessairement se situer cette coopération. Conçue comme une union en opposition au modèle soviétique, les différents traités sous couvert de coopération cherchent à fixer dans le marbre le libéralisme économique. Un certain nombre de principes inscrits dans le droit de l’Union européenne, vise moins à permettre la coopération entre les peuples que la maximisation des profits de quelques capitalistes.

Pour autant le PCF ne rejette pas toute idée de coopération à l’échelle européenne, au contraire la liste portée par Ian Brossat vise à travers une série de mesures immédiates et très concrètes à mettre fin à ces logiques libérales pour permettre une autre forme de coopération.

L’europe des gens, pas l’europe de l’argent

Menant actuellement une campagne contre le coût du capital, le PCF a choisi de faire de sa candidature aux européennes un manifeste contre “l’Europe de l’argent”. Derrière cette expression il faut comprendre l’ensemble des éléments de la construction de l’Union européenne qui n’ont profité qu’aux possédant. Le programme divisé en six catégories propose une nouvelle coopération baptisée “l’Europe des gens”.

Cet axe de campagne est divisé en deux grandes séries de revendications immédiates. La première vise à sortir des contraintes budgétaires qui s’imposent les Etats en vue de justifier leurs propres politiques d’austérité.

Il est ainsi proposé que les dépenses dites “d’intérêt général” soient exclues du calcul de la dette publique. Une façon finalement de flécher l’endettement public vers des dépenses vraiment utiles pour les peuples. Dans la même veine, la politique de prêt de la BCE serait revue pour servir des projets de développement humain alors qu’actuellement elle prête quasi-gratuitement aux banques sans aucune condition. Enfin le PCF réclame des règles communes pour mettre fin à l’existence de paradis fiscaux au sein même de l’UE et qui permettent une chasse plus effective contre les fraudeurs fiscaux. L’argent ainsi dégagée doit permettre pour le parti communiste de financer des services publics, notamment via un fond abondé par la BCE. Le PCF revendique également un moratoire sur la libéralisation de tout service public.

La seconde série de revendications vise à ce que les producteurs puissent bénéficier de l’intégralité de leur travail en faisant de l’UE l’outil d’une coopération sociale. La première mesure en ce sens vise à faire appliquer une clause de la nation favorisée qui imposerait l’application des règles les plus favorables pour les salariés en cas de conflit entre deux législations. Ce principe doit s’accompagner de la mise en place d’un salaire minimum européen pour mettre fin à la concurrence à la baisse sur les salaires. Le PCF porte également la fin du statut de travailleur détaché dans cette même logique ainsi que l’interdiction des délocalisation entre pays membres de l’UE. Parce que les inégalités salariales ne sont pas qu’entre pays, mais aussi entre genre, le PCF souhaite qu’une échéance européenne soit fixée pour mettre fin aux inégalités salariales femmes-hommes.

Vers une union des nations et peuples souverains et associés

L’opposition annoncée entre “progressistes”, partisans de la mondialisation la plus sauvage et “nationalistes” ressemble de plus en plus à une nuit de noce tant les pseudo-divergences apparaissent de plus en plus comme des convergences. Le parti communiste propose une construction européenne réellement fondée sur la démocratie en permettant de faire reposer les décisions européennes depuis la base vers le haut.

Le PCF propose ainsi que les décisions européennes soient issues de processus de débats citoyens, impliquant les assemblées élues aussi bien au plan local que national avec l’Assemblée nationale et le Sénat en France. Dotées ainsi d’un mandat démocratique venu des différents peuples, les décisions européennes ne retomberaient plus ainsi de l’écueil du traité de 2005, rejeté par les citoyens et imposé par Sarkozy après son élection.

Face à ceux qui souhaitent une fédération européenne nécessairement anti-démocratique et ceux qui prônent un isolement xénophobe, le PCF développe la notion d’une Union européenne à géométrie choisie. Dans cette dernière l’association ne pourrait que découler d’un choix souverain de chaque peuple. Cette vision de la coopération est résumée par la formule suivante : “Union de nations et de peuples souverains et associés”. Chaque peuple y serait libre de choisir les domaines sur lesquels il souhaite une association tout en préservant ses choix fondamentaux et son modèle de société.

Le PCF propose donc dans la droite ligne de ses positions précédentes sur l’Union européenne un ambitieux programme de rupture avec la construction actuelle de l’Union européenne.

Rédaction
Collectif de rédaction d'Avant Garde