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Fabien Roussel en route pour la présidentielle

Quelle sera la place du Parti Communiste français lors des élections présidentielle et législatives de 2022 ? C’est à cette question qu’ont répondu les 1 000 délégués des 96 fédérations du PCF le 10 et 11 avril derniers, lors de la conférence nationale du parti. À une écrasante majorité (66.41%), les délégués ont voté pour la présence d’un candidat communiste à l’élection présidentielle en la personne du secrétaire national du parti : Fabien Roussel. 

Une prouesse technique et démocratique 

1 000 délégués réunis en visioconférence en plein confinement. Peu de bookmakers auraient accepté de prendre les paris sur la tenue d’une telle conférence, et pourtant, le Parti Communiste l’a fait. Pendant près d’un jour et demi, pas moins d’une centaine d’interventions se sont enchaînées pour débattre de la stratégie du Parti Communiste lors des échéances électorales de 2022. Un pari réussi grâce à un savoir-faire et un travail militant dont seul le Parti Communiste semble avoir le secret. 

La tenue d’une telle conférence en plein confinement relève de l’exploit. Sa tenue est une bouffée d’air frais, dans un contexte où la démocratie, nos droits et nos libertés sont sans cesse bafoués. 

Fabien Roussel, candidat à l’élection présidentielle de 2022

Tout au long du week-end, le sujet phare était celui de la présence ou non d’un candidat communiste en 2022. Deux options s’opposaient :  présenter un candidat communiste ou attendre et créer les conditions d’un candidat unique à gauche d’ici le mois d’octobre. La seconde option a reçu de nombreuses critiques de la part des délégués. Une position jugée trop proche de celle de 2017 qui n’avait pas permis au PCF d’être présent à l’élection et surtout qui avait contribué à la démobilisation d’une partie non-négligeable de l’électorat à gauche. 

Pour rappel, en 2017, seuls 25% des électeurs avaient voté pour un candidat à gauche contre plus de 40% en 2012, malgré le nombre historiquement faible de candidats à gauche en 2017. 

En revanche, la première option soutenue par le conseil national du parti a reçu un avis très favorable de la part des délégués. Selon le président de la commission de texte, Christian Picquet : 

“La candidature communiste doit permettre une action volontariste de reconquête du monde du travail, des classes populaires et de la jeunesse afin de ramener aux urnes celles et ceux qui s’en sont détournés”. 

Une candidature communiste doit non seulement permettre au parti de porter son programme et de revenir sur la scène nationale mais aussi et surtout renouer la gauche avec une partie non-négligeable de son électorat. Le discours du secrétariat national est clair : aller chercher celles et ceux qui ne croient plus en la politique, qui n’ont plus confiance en la gauche pour leur redonner l’espoir, après les échecs répétés des majorités présidentielles issues de la social-démocratie.  

66% des délégués ont voté pour cette option et près de 75% pour que ce candidat soit Fabien Roussel. Cette décision doit encore être entérinée par un vote des adhérents le 9 mai prochain. Si les adhérents votent cette option, cela viendrait marquer un retour du parti communiste à l’élection phare de la Ve République, absent des deux derniers scrutins. 

Priorité au monde du travail et à la jeunesse 

Le week-end s’est terminé avec un discours de Fabien Roussel. Une prise de parole dynamique et offensive marquée sous le signe de l’espoir. Le secrétaire national du Parti Communiste s’est fixé deux priorités pour 2022 : les jeunes et le monde du travail. Le député du Nord veut “reprendre le pouvoir à la finance pour reprendre la main sur nos choix économiques, pour redonner le pouvoir aux Français, au monde du travail dans toutes les entreprises” et l’augmentation des salaires avec comme priorité le SMIC à 1 500€ net par mois immédiatement. 

Sur les jeunes, les communistes ont une voix inédite à porter à gauche, ils refusent les fausses bonnes idées d’une partie de la gauche avec le revenu universel . Il ne s’agit pas de donner de l’argent de poche aux jeunes mais de faire pacte entre les jeunes et la nation. Faire vivre la solidarité intergénérationnelle et permettre à chaque jeune de s’épanouir, de se réaliser pour être utile ensuite à l’ensemble de la société. 

À cette image, les jeunes ont particulièrement été mis en avant par les délégations mais aussi nationalement par un discours du secrétaire général du MJCF Léon Deffontaines : 

“Nous [le mouvement communiste] avons une voix inédite à porter. Les jeunes ne doivent pas être le problème mais une solution. Une solution pour répondre aux défis que nous avons devant nous”, en ajoutant “nous avons un enjeu essentiel en 2022, celui de redonner espoir aux nouvelles générations. L’espoir que la politique peut changer les choses. L’espoir que l’engagement politique permet de changer leur quotidien.”

Une chose est certaine, tout au long du week-end, le Parti Communiste français a envoyé un message clair aux autres forces politiques : 2022, ne se fera pas sans le PCF. 

Rédaction
Collectif de rédaction d'Avant Garde