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FN, un nouveau nom pour un même fascisme

L’actualité politique du weekend semble être le congrès du FN, qui vu le parti d’extrême droite opéré une mue cosmétique en changeant de nom. Le « front » devient « rassemblement », pour une connotation moins guerrière et surtout une tentative d’effacer l’histoire. L’adjectif « national » reste lui. L’héritière a également tué le père, en opérant une modification des statuts qui supprime l’existence du président d’honneur.

L’obsession à faire taire le passé est une constante chez Marine Le Pen. Cette dernière a emmené la force politique fasciste à un plus haut niveau historique tout en réussissant à faire vivre cet « exploit » comme un échec à tout son camp. Un tour de force qui a conduit au départ de l’artisan de la stratégie récente du FN, Florian Philippot, parti fonder un nouveau groupuscule, « les patriotes ».

Ce changement de nom est présenté comme la solution pour transformer le parti fasciste, d’une force d’opposition, à une force capable de construire une majorité réactionnaire pour prendre le pouvoir. Ce changement de nom aura également été l’occasion pour Marine Le Pen d’occuper un peu l’espace médiatique. Elle semble en effet incapable de rebondir depuis le débat de l’entre-deux tour de la présidentielle.

La ligne europhobe du parti a été oubliée pour revenir aux fondamentaux xénophobes, la majorité gouvernementale avec son action dirigée contre les migrants semble pourtant ne pas avoir besoin des leçons du FN. Un positionnement qui peine également à dénoter de celui du parti de Wauquiez. Ce changement de nom doit permettre de créer des ponts avec « Les Républicains », un appel entendu si on en croit les propos de Thierry Mariani, ministre des transports de Sarkozy qui invite à regarder si des rapprochements sont possibles dans le Journal du Dimanche.

Cette obsession à faire oublier le passé se heurte à un présent finalement pas très différent. Difficile de rejeter les accusations de racisme à une époque révolue, quand régulièrement des responsables de la formation sont trouvés à se livrer aux actes et injures les plus ignobles. Ce weekend même, un assistant parlementaire de Marine Le Pen était filmé en train d’insulter un videur de « nègre de merde »… Et ce n’est que l’exemple le plus récent d’un parti qui a réussi à élargir sa base électorale mais conserve un noyau d’adhérents toujours aussi profondément raciste et fasciste.

La présence surprise de Steve Bannon est également le signe que le désormais « rassemblement national » n’est pas en rupture avec sa propre histoire. Ce dernier est le fondateur de Breitbart, site américain « d’information » aussi fausse que ouvertement raciste et conservatrice,  et a été l’un des artisans de la campagne de Donald Trump puis des débuts de sa présidence avant d’être écarté.

Difficile de savoir si le nouveau nom de la formation politique d’extrême droite peut être en mesure de lever des « freins psychologiques ». L’électorat de ce dernier reposait déjà pour beaucoup davantage sur le nom de Marine Le Pen que sur celui du FN. Le parti a construit ses succès autour d’une figure personnelle et c’est cette dernière qui ne semble plus faire recette aujourd’hui.

La dégradation continue de l’image de la présidente du FN depuis l’élection présidentielle pèse probablement davantage sur les difficultés actuelles de la formation fasciste que son nom. Dans la huitième circonscription de Haute-Garonne, où se tenait une législative partielle ce weekend, c’est encore sous l’étiquette FN que le candidat fasciste a enregistré une heureuse contre-performance. Le député PS sortant, dans ce bastion du parti socialiste, arrive lui largement en tête devant le candidat de la République en marche, comme quoi le nom sur l’étiquette ne fait pas tout.

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Collectif de rédaction d'Avant Garde