Rédaction | Avant Garde
Social-Eco

La fonction publique toujours mobilisée !

Pour la troisième fois depuis le début du quinquennat plusieurs dizaines de milliers de fonctionnaires sont descendus dans la rue contre les politiques d’austérité. Ils ont été rejoints par des milliers de lycéens et étudiants mobilisés malgré les examens contre les conséquences de l’austérité dans l’éducation, avec notamment la mise en place de la sélection.

L’austérité de plus en plus largement dénoncée

Depuis maintenant dix ans, les gouvernements se succèdent et s’emploient à une même mission principale. Faire payer aux travailleurs les conséquences de la crise financière de 2008. Les politiques d’austérité déployées depuis n’ont eu aucun effet positif pour le plus grand nombre.

La seule certitude, c’est qu’elles ont permis une exploitation toujours plus grande et une redistribution toujours plus faible. C’est le ras le bol de telles politiques qui était perceptible hier dans tous les cortèges. Souvent résumée à des revendications salariales, par ailleurs légitimes, la mobilisation des fonctionnaires va également de pair avec une défense de leur métier et donc des services publics.

Notion combattue par le gouvernement actuel qui va jusqu’à remettre en cause leur statut et donc derrière l’idée même de service public. C’est sur cet enjeu qu’un grand nombre de manifestants s’indignait. Car quand on est urgentiste, à l’accueil d’une mairie, ou dans l’enseignement, on sait bien que jamais une entreprise capitaliste ne pourra remplacer un service public.

Une mobilisation unitaire face une offensive sans précédent

Alors que la totalité des syndicats de la fonction publique appelait à manifester hier, le gouvernement prépare une remise en cause radicale de la fonction publique. Sous l’apparence d’une remise en cause du statut et de la garantie qu’il offre sur le déroulé de la carrière des agents, il s’attaque en fait à la conception même du rôle de l’Etat.

En affichant clairement que pour lui seules les fonctions régaliennes doivent être protégées par un statut, il montre ainsi sa volonté d’en finir avec l’Etat social. Le retour aux premières formes d’Etat bourgeois fondées sur la force publique pour protéger la propriété privée est désormais l’objectif de ce gouvernement.

Si le projet va à son terme ce serait un recul à peine croyable vers une société où la solidarité sociale n’existerait quasiment plus. Les fonctionnaires mobilisés hier défendaient donc bien plus que leurs conditions d’emploi. Leur mobilisation est aussi celle d’une certaine conception du rôle de l’Etat et sa non limitation au monopole de la violence.

Les jeunes bien présents dans les cortèges

Les jeunes étaient également représentés dans les cortèges, mobilisés pour une part non négligeable depuis plusieurs mois contre la sélection à l’entrée de l’université. La convergence des revendications étudiantes et lycéennes avec celles des fonctionnaires est évidente, tant le manque de moyens est la cause de tout. D’autre part cette journée avait une saveur particulière puisqu’elle était la première au cours de laquelle les futurs bacheliers ont commencé à recevoir les réponses à leurs vœux de Parcoursup.

Le remplaçant décrié d’APB débute une première phase d’affectation qui s’arrêtera au début des épreuves du Bac et reprendra ensuite jusqu’à fin juillet. L’algorithme national a disparu au profit d’algorithme maison par université sur lesquels il est impossible d’avoir une vue. Pour partie le tri est même rejeté sur les élèves qui sont priés de dire rapidement s’ils retiennent ou non l’affectation qui leur est proposée.

Ce système injuste qui a déjà pour effet de massivement réduire les prétentions scolaire de milliers de lycéens, cristallisait encore hier les critiques des jeunes manifestants. Une opposition qui devrait se poursuivre tout au long de l’été à mesure de l’arrivée des résultats, et jusqu’à la rentrée de septembre quand nombre d’entre eux seront restés sur le carreau ?

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde