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Formation pro, assurance chômage : le gouvernement roule seul

En parallèle des négociations autour de l’assurance chômage se tenait des négociations sur la formation professionnelle. Ces dernières ont abouti à des accords a minima jeudi dernier, dénoncé par la CGT mais surtout…  par le gouvernement.

Formation continue le véto de la ministre

Après trois mois de négociations entre les représentants des syndicats de salariés et ceux du patronat, ces derniers étaient parvenu à un projet d’accord jeudi dernier. Dans un communiqué faisant le bilan de son action la CGT observait :

« À ce stade, elle a permis que le CIF (Congé individuel de formation) ne soit pas purement et simplement supprimé mais transformé en un dispositif de transition professionnelle. Il reste malheureusement affaibli et fragilisé car très insuffisamment financé par les cotisations patronales globalement en baisse. En effet, avec ce projet d’accord, c’est encore le Medef qui obtient de nouvelles exonérations. »

Le CIF et le CPF (Compte Personnel de Formation) devaient être fusionné selon la feuille de route donné par Muriel Pénicaud aux syndicats. Plus largement, la ministre demandait une simplification des très nombreux dispositifs de formation continue afin d’aboutir à une offre plus lisible. Ambition à laquelle l’accord ne répondait pas d’après l’ex-DRH de Danone qui a annoncé le jour même de sa conclusion qu’elle ne s’y sentait pas lié.

Elle devait annoncer aujourd’hui un « big bang » de la formation professionnelle, finalement l’annonce a été décalé dans le temps.

Un changement de méthode

La méthode utilisée par la ministre du travail tranche radicalement avec celle employée sous le gouvernement Hollande. La majorité précédente, très liée à la CFDT, avait fait le choix de systématiquement laissé le dernier mot aux accords entre syndicats de salariés et de patrons, y compris pour ce qui touchait à la loi. Des mesures avaient ainsi été défendu à l’Assemblée Nationale au seul prétexte qu’elles étaient le fruit d’un accord.

Cette fois, ce fut totalement différent, que ce soit pour l’assurance chômage ou la formation continue, le gouvernement avait fixé les objectifs en amont et menacé de recourir à la loi si l’accord le satisfaisait pas. C’est apparemment le cas pour la formation continue et le doute existe sur celui sur l’assurance chômage. Cette méthode avait conduit à la situation absurde, que les syndicats du patronat et des salariés s’étaient retrouvé à discuter d’une assurance chômage pour les auto-entrepreneurs et les professions libérales, qu’ils ne représentent pas…

L’exécutif entièrement tourné vers la mise en oeuvre du programme présidentiel ne montre aucun signe de vouloir mener les débats. Dans une approche autocratique, il déroule un projet persuadé que les élections de 2017 ont tranché tous les débats. Les chambres parlementaires sont régulièrement méprisées et désormais les instances paritaires sont ignorées.

Un déni démocratique

L’expression « dialogue sociale » est depuis plusieurs années synonyme de recul des droits pour les salariés. Les ordonnances de Macron étaient d’ailleurs frappées du sceau du dialogue sociale. Ces négociations « paritaires » mais asymétriques dans lesquelles le patronat bénéficiait bien souvent du soutien du gouvernement, ne seront probablement pas spécialement regrettées par les salariés.

Cependant la méthode de l’exécutif est inquiétante pour plusieurs aspects. D’une part les mesures déployées le sont de manière extrêmement idéologiques, par un gouvernement persuadé de détenir la vérité. Ce qui empêche tout débat, comme l’a rappelé hier le premier ministre sur la réforme de la SNCF. D’autre part, cette méthode ne peut supporter l’échec. Puisque toute contestation est étouffée, il ne peut pas y avoir amendement d’une mesure sans mise en échec du gouvernement.

Bien évidemment la mise en échec de ce gouvernement, doit être un objectif pour tous ceux qui ont à cœur les droits des salariés. Cependant, en poussant systématiquement l’engagement du gouvernement sur tout, la situation aujourd’hui du débat politique est totalement binarisé. Le gouvernement Valls avait été celui des 6 utilisations du 49-3, celui de Philippe sans invoquer l’article précis, est finalement celui du 49-3 permanent.

Rédaction
Rédaction
Collectif de rédaction d'Avant Garde