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La gratuité des transports publics parisiens est-elle possible ?

Jacques Baudrier, élu communiste, administrateur Ile-de-France Mobilités, intervenait lundi 19 novembre lors d’une rencontre publique organisée par les jeunes communistes de Paris.

La lutte, peut-elle apporter des victoires ? Bien, oui. Dans le cadre du budget 2019, Macron et Darmanin viennent de raquer 150 millions d’euros la semaine dernière pour les transports publics franciliens. Et nous avons gagné très régulièrement des victoires pour trouver des financements, en taxant les grandes entreprises depuis plusieurs années !

Dans les années 1970, des manifestations contre l’augmentation du prix des transports en commun et pour leur gratuité ont permis d’obtenir la « carte orange », un abonnement pour les salariés, payé à moitié par l’employeur.

La gratuité des transports en commun a ensuite été obtenue dans des villes de taille moyenne comme Compiègne et Aubagne, ou plus récemment Dunkerque. Cependant, il s’agit souvent d’un réseau de bus dont le coût peut être facilement couvert par la taxe versement transport sur les entreprises.

Ces mesures permettent d’augmenter le pouvoir d’achat, mais aussi de favoriser un urbanisme plus compact, moins consommateur d’énergie. Elles participent à la lutte contre le réchauffement climatique, en réduisant la masse des émissions des pots d’échappement des voitures. C’est l’enjeu d’une bataille sociale et écologique.

Les avancées en Ile-de-France

Depuis 2007, la gratuité a été mise en place pour plus d’un million de franciliens : les allocataires du RSA dans un premier temps, puis les retraités à bas revenus dans le département du Val-de-Marne et depuis cette année à Paris. En 2015, la zone d’abonnement du Pass Navigo est devenue unique, pour plus de justice sociale.

Et si tout était gratuit ? Il faudrait 3 milliards d’euros explique Jacques Baudrier. Montant qu’il met en balance au  2 milliards de financements annuels obtenus depuis 10 ans. Donc difficile de dire que l’argent n’existe pas…

Quel est l’obstacle alors ? L’élu communiste l’explique sans fard : aux heures de pointe, quand il y a trop de voyageurs, cela pose un grave problème de sécurité, pouvant entraîner des morts… Pourquoi voyager gratuitement si c’est pour rester bloqué sur le quai ou tomber sur les voies ?

Difficulté toutefois pour laquelle il a déjà la solution :  la construction de 200 kilomètres de métro supplémentaires, s’ajoutant aux 170 kilomètres d’aujourd’hui. En 2030, le réseau aura ainsi grossi plus de deux fois ! Et le matériel roulant, notamment les bus supplémentaires, suivent ce Grand Paris Express. Le développement du réseau permettra donc de réaliser la gratuité pour les usagers.

Et avant 2030 ?

Pour Jacques Baudrier, on peut cependant agit dès maintenant en  étendant la gratuité aux personnes qui prennent les transports en heures creuses : les personnes pauvres, les retraités, les jeunes de -18 ans. Pour 3 millions de personnes supplémentaires, la gratuité coûterait +350 millions d’euros financés par l’augmentation du versement transports des entreprises de 2,8 % à 3,5 %, à Paris et dans les Hauts-de-Seine, pour lutter contre le déséquilibre territorial francilien entre le logement (est) et l’emploi (ouest).

Pour les -10 ans, ce serait seulement 20 millions d’euros pour environ un million d’enfants souligne-t’il.

La gratuité peut être étendue à tous ces publics. Pour les -25 ans, des mesures départementales peuvent rembourser la carte Imagine R de moitié, comme c’est le cas dans le département communiste du Val-de-Marne dont il loue l’exemple.

En Ile-de-France, les voyageurs n’assument que 27 % du coût global. 33 % vient déjà du versement transport des entreprises. 40 % vient de l’État, de la région, et de taxes sur les bureaux et les parkings.

Pour l’élu communiste la gratuité des transports va cependant avec un projet de société global.

Tous les problèmes ne sont pas résolus par la gratuité des transports. L’accumulation capitaliste pousse à la concentration de bureaux à La Défense, nœud principal de l’encombrement des lignes et des problèmes des voyageurs. Une taxation d’ampleur contre la construction de bureaux à La Défense, permettrait d’inciter les promoteurs à construire autre part.

Autre problème : les particules fines. Les transports en commun ne couvrent pas tous les déplacements. Et même les voitures électriques dégagent des particules avec les pneus. Le vélo devient donc une solution pour compléter les transports en commun pour d’autres déplacements.

Les jeunes communistes de Paris font signer une pétition !

Déjà 1000 signatures avec la pétition volante diffusée dans les rues de Paris à laquelle s’ajoute une pétition en ligne.

Nous refusons :

  • Toute tentative d’augmentation du prix des titres de transports. L’abonnement RATP a augmenté de plus de 30 % en 15 ans.
  • Tout projet de privatisation de la RATP et de démantèlement du réseau des transports publics.

Nous voulons :

  • La bonne réalisation du Grand Paris Express, de ses nouvelles lignes de métro, ses nouveaux bus, pour l’année 2030. Le développement du réseau public et de sa capacité d’accueil permettrait à terme de réaliser la gratuité des transports pour tous les usagers.
  • La gratuité des transports publics pour les -18 ans et les personnes à bas revenus (allocataires CMU, AME, AAH), financée par l’augmentation à hauteur de 350 millions d’euros du Versement Transport des entreprises à Paris et dans les Hauts-de-Seine.
  • Le remboursement par la Ville de Paris de la carte Imagine R à hauteur de 50 %.