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SPORT

Hymne de l’euro : retour du Classico

Le  19 mai dernier, l’Équipe de France de football dévoilait sur son compte Twitter l’hymne des Bleus pour le Championnat d’Europe de football. 

Au grand dam de l’extrême droite, c’est le rappeur Youssoupha qui a été désigné pour représenter la France. Depuis trois jours, l’on a donc pu assister sur les réseaux sociaux et les chaînes de télévision privée à une déferlante de critiques plus que virulentes à l’égard du choix de la Fédération de football, émanant de l’extrême droite Française. 

Pour le second du Rassemblement national, Jordan Bardella, c’est «céder à la racaille», faire le choix d’un artiste qui n’est pas digne de représenter la France à l’Euro. Le Parti se lance donc dans une campagne polémique, en l’occurrence, à sens unique, invitant la Fédération de football à revenir sur son choix. 

Ce qui est mis en cause, ce sont les paroles du rappeur particulièrement offensives à l’égard de figures de l’extrême-droite, Marine Le Pen et Eric Zemmour en tête de proue. Par ailleurs, ce dernier qui avait fait le choix en 2009 de porter plainte contre le rappeur pour injure et diffamation a bien perdu son procès. 

Youssoupha, un rappeur qui ne mâche pas ses mots contre l’extrême droite

Mais quoi d’étonnant pour un rappeur populaire et militant, engagé contre le racisme et la précarité, pour le vivre ensemble et la collectivité que de combattre de front les chiens de garde de l’extrême-droite fascisante qui rayonne de tout ce que la République rejette : la division, l’individualisme, le racisme, l’autoritarisme. 

Cette dernière ne manque pas à ses habitudes : faire la polémique pour combler son incapacité à faire de la politique. Et malheureusement, encore une fois les chaînes de télévision privées préfèrent vivre à l’heure du Rassemblement National, lorsque nous devrions célébrer ce moment de sport qui s’annonce fort et rassembleur pour l’équipe de France. 

En un sens cela n’a rien d’étonnant, le foot est un sport populaire. Youssoupha est un rappeur populaire. Taillé sur mesure pour servir les enjeux de la bourgeoisie et faire le jeu de la division, le Rassemblement National ne peut analyser ce choix de la fédération que comme une défaite idéologique. 

Le rap, musique populaire par excellence à toujours su prendre parti contre le fascisme : NTM (Plus jamais ça en 1995), IAM après l’arrivée au second tour de Jean-Marie Le-Pen (21/04 en 2002, «Là y’a plus d’peut-être, ils ont voté pour un facho/C’est pas un vote contestataire quand on connaît Dachau.»), Diam’s, Sniper, Médine, les polémiques comme celle vécue depuis quelques jours font nombre. Les faits sont têtus, ce qui semble déranger le RN, ce n’est pas tant les paroles de ses musiques dont l’extrême droite s’est subitement empressée de faire l’archivage, que le caractère populaire et engagé de sa musique.  

Le rappeur de Kinshasa dont le leitmotiv «qui prétend faire du rap sans prendre position» résume la vision engagée et politique de la musique, semble ne choquer que le Parti de la division, et c’est temps mieux.  En ce sens, le choix de la Fédération de football de désigner Youssoupha comme compositeur de l’hymne de la France pour l’Euro 2021 semble pertinent. Il incarne une vision de la musique, qui est à l’image du football, sport populaire et jeune  par excellence : près de 5 millions de pratiquants, dont la moitié sont âgés de 15 à 24 ans et dont 43% viennent de familles d’employés ou d’ouvriers (Selon l’INSEP). 

Comme a pu le souligner le sénateur communiste Fabien Gay sur Twitter : après avoir fustigé le retour de Karim Benzema en équipe de France, et hurlé sur le choix de Youssoupha pour chanter l’hymne de l’Euro, bientôt, l’extrême droite se permettra de valider le choix de la tactique 4-4-2 ou 4-4-3.