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EDITO

Il faut former le personnel soignant de demain !

Dès le début de la crise sanitaire, les étudiant·e·s en soins infirmiers ont été en première ligne pour venir en renfort aux personnels de santé, dépassé·e·s car en nombre insuffisant, pour faire face à la hausse des cas de contamination nécessitant une hospitalisation.  

La reconnaissance pour service rendu à la nation a été celle d’une bien maigre indemnisation qui ne remplit pas le frigo.  Et pour faire face à la seconde vague de covid-19 qui aurait pu être abordée avec l’injection  des moyens nécessaires, le Gouvernement a été forcé fin octobre de faire appel une seconde fois aux 8 000 étudiants et étudiantes en soins infirmiers. 

Aujourd’hui, des milliers d’élèves mettent entre parenthèses leur formation initiale afin de venir renforcer, une seconde fois, les équipes hospitalières, au détriment de leur apprentissage. Pour des milliers d’entre eux le cursus est en suspens, avec une mobilisation sur le lieu de stage, les  examens sont retardés, les  cours sont inexistants. Pour des milliers d’entre eux, le cursus aura duré en réalité en tout et pour 1 an et demi alors qu’il faut 3 ans de formation afin de pouvoir devenir infirmier et infirmière. 

Nous faisons face à une double contradiction. La casse de notre système de santé a notamment entraîné un manque criant  de personnel soignant. Pour  faire face à ce manque, le gouvernement n’a pas eu d’autre choix que de faire appel aux étudiants et étudiantes en santé. Cette réquisition est réalisée sous emploi déguisé, et se fait au détriment de la formation du futur personnel de santé dont nous avons besoin. 

Les contradictions du système capitaliste et des crises qu’il engendre se révèlent avec la  période de crise sanitaire que nous traversons. Ce n’est pas le  covid-19 qui a usé l’hôpital public, entraîné un manque de moyens, un manque de personnels, un manque de lits et d’infrastructures,  mais  bien les politiques d’austérité budgétaire menées sur l’autel du profit depuis des décennies. 

Il faut rémunérer immédiatement et au minimum à hauteur du SMIC les étudiant·e·s aujourd’hui réquisitionné·e·s en tant qu’aides soignants, aides hospitalier, brancardiers !  

Ensuite, il est urgent de réinvestir dans notre système de soins afin de pouvoir former et embaucher le futur personnel de santé dont le pays a besoin. Aujourd’hui des millions de jeunes sont en recherche d’emploi,  nous voyons que le pays a besoin de personnel par millier pour absorber les effets de la crise sanitaire. Et bien embauchons ces jeunes, ils seraient  chargés d’effectuer les tâches non-médicales réalisées aujourd’hui par le personnel de santé. Ces embauches doivent ouvrir la voie à des formations qualifiantes et diplômantes et garantir un emploi public à la clé. Pour cela, mettons l’argent là où il faut plutôt que dans la poche des actionnaires du CAC40, ouvrons des places dans les formations en santé !