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EDITO

Il faut renforcer le service public de l’Enseignement Supérieur et la Recherche, plutôt que de le détruire !

Emmanuel Macron lors de son allocution de mardi sur la crise sanitaire a annoncé que les universités resteraient fermées jusqu’à fin janvier. Elles pourraient accueillir de nouveau l’ensemble des étudiants et des étudiantes à la mi-février si le taux de contamination au covid-19 se maintenait en dessous de 5000 par jour. 

Aujourd’hui, nous payons le prix des politiques de casse de l’ESR mises en place depuis une vingtaine d’années et  ayant eu pour conséquence des amphithéâtres surchargés, doublé d’une impréparation du gouvernement face à la seconde vague de Covid-19.

Les cours en distanciel ont montré leur limite dans le suivi des apprentissages, les étudiant·e·s en premières années ne connaissent pas le fonctionnement normal d’une université, alors même qu’ils et elles ont connu une année de terminale chaotique avec le premier confinement.

Et qu’en est-il des étudiant·e·s n’ayant pas le matériel numérique nécessaire parce que trop précaires ?

Alors qu’un·e étudiant·e sur 4 vit déjà sous le seuil de pauvreté, que la majorité ne peut subvenir à ses besoins primaires, que la situation s’aggrave avec la crise économique, aucune solution n’a été proposée par Macron. 

Plutôt que de s’attacher à démanteler le service public de l’Enseignement supérieur et la démocratie universitaire avec sa loi de programmation de la recherche, le Gouvernement devrait plutôt s’attacher à établir un plan d’urgence pour les Universités ainsi qu’un réel plan de lutte pour mettre fin à la précarité étudiante. 

La loi de programmation de la recherche, c’est la destruction de la recherche française via un rôle accru du privé dans son financement par des appels à projets, la construction de grands pôles de recherche au détriment des petites universités. 

La loi de programmation de la recherche, c’est la suppression de la fonction publique des enseignant·e·s chercheurs, le recours massif aux contrats précaires dans les recrutements d’enseignant·e·s, la mise en place de recrutements localisés accentuant d’autant plus la fracture entre les Universités. 

C’est un risque majeur pour nos apprentissages, dans la mesure où précariser nos enseignant·e·s revient à précariser nos études. Aujourd’hui, et selon les universités, les cours de TD sont déjà dispensés par des enseignant·e·s sous contrats précaires, ou par des doctorant·e·s n’ayant pas eu le financement de leur thèse et on le voit bien, le suivi pédagogique n’est pas une réalisé, et cette loi va venir aggraver une situation déjà bien présente. 

L’Enseignement Supérieur et la Recherche n’a pas besoin d’une loi libérale ! Au contraire, c’est bien d’un renforcement du service public dont nous avons besoin, en y injectant les moyens nécessaires, en recrutant et en formant toujours plus de personnels, éducatifs et administratifs, en construisant de nouveaux locaux. Renforcer le service public plutôt que de le détruire c’est ouvrir au plus grand nombre les portes de l’Université et assurer une formation de qualité pour toutes et tous sur l’ensemble du territoire !

La loi de programmation de la recherche, c’est aussi la pénalisation des mouvements étudiant·e·s mais pas seulement. Demain, un·e responsable d’UFR, un·e Président·e d’Université pourra dire, que les organisations étudiantes qui militent à l’université viendraient troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement. Cette loi va venir briser l’engagement, la politisation et l’expression des étudiant·e·s et des étudiant·e·s. 

Plutôt que de tuer dans l’œuf les mobilisations étudiantes et de mettre fin à la politisation et l’engagement d’une partie de la jeunesse,   c’est bien de la démocratisation de nos lieux d’enseignement dont nous avons besoin ! 

Il y a urgence à ce que les établissements d’enseignements supérieurs ouvrent leurs portes le plus tôt possible ! C’est pour cela qu’un dégel des postes est primordial, que les enseignant·e·s étant arrivé·e·s en 2nde et troisième position au concours soient recruté·e·s afin de pouvoir multiplier les espaces de cours et éviter des risques de contamination. 

En attendant, le Gouvernement doit mettre en place les moyens nécessaires afin de permettre à chaque élève de suivre ses cours dans de bonnes conditions,  pour cela du matériel numérique doit être fourni aux étudiants et étudiantes !

Et pour lutter efficacement contre la précarité étudiante, les propositions ne manquent pas ! Un investissement massif dans le CROUS afin de pouvoir notamment développer et construire des cités Universitaires dont nous avons besoin, instaurer un revenu pour les étudiant·e·s, au-dessus du seuil de pauvreté, et financé par une nouvelle branche de la sécurité sociale.