Rédaction | Avant Garde
EDITO

La honte d’un gouvernement

Ce mercredi, le Premier ministre a annoncé le contenu et le calendrier de sa réforme des retraites. Résultat : en plus du système par point qui va diminuer le montant des pensions, il va falloir désormais travailler au moins jusqu’à 64 ans, voir plus tard, pour pouvoir vivre décemment à la retraite.

Dans cette allocution devant le CESE, le gouvernement s’est couvert de honte en annonçant que seuls les jeunes allaient être impactés par la réforme des retraites. C’est une honte, car avec cette annonce, le gouvernement condamne les jeunes à devoir travailler jusqu’à 64 voir 67 ans (au-delà de l’espérance de vie en bonne santé) pour pouvoir espérer avoir une retraite qui leur permette de vivre dignement. Edouard Philippe a beau dire que les pensions ne baisseront pas, le système qu’il propose va nécessairement les diminuer. Si telle n’est pas son intention, il lui faudra alors expliquer comment la prise en compte de l’ensemble des années de cotisations (y compris les plus mauvaises) à la place des 25 meilleures années actuelles pourrait ne pas entraîner une baisse globale des pensions.

Quel est ce gouvernement qui est prêt à sacrifier la jeunesse du pays afin d’engraisser toujours plus les actionnaires ? Car oui, derrière cette réforme, l’enjeu est bien là. D’ailleurs, le MEDEF n’est-il pas le seul acteur à avoir félicité Édouard Philippe ? Cela relèverait-il d’un hasard ? 

L’objectif de cette réforme est bien de faire travailler plus longtemps et ainsi permettre la diminution des dépenses totales versées pour les pensions de retraite. À côté de cela, les pensions versées seront si faibles que ceux qui pourront se le permettre cotiseront directement auprès d’assurances privées.

Cette réforme n’a donc qu’un seul but, celui de permettre aux actionnaires d’accaparer toujours plus les richesses produites pour leur compte. 

Avec sa « clause du grand-père », le gouvernement joue sur les divisions entre les anciennes et les nouvelles générations et mise sur la faible mobilisation des jeunes. Mardi prochain, montrons-lui que les jeunes sont loin, très loin, d’avoir dit leur dernier mot et que l’écrasante majorité refuse cette réforme. Portons mardi un revers si fort au gouvernement qu’il ait du mal à s’en remettre.