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INTERNATIONAL

La Palestine enfermée !

La prison est depuis plusieurs décennies utilisée comme un outil de domination par Israël, qui en enchaînant les arrestations arbitraires espère pouvoir briser la volonté et l’esprit de résistance Palestinien. 

4400 prisonniers politiques

Aujourd’hui rares sont les familles qui n’ont pas vu au moins un de leur membre être incarcéré dans une prison israélienne. D’après l’association Addameer en cette fin d’année 2020, on compte 4400 prisonniers politiques. Parmi eux on compte 39 femmes et 8 députés palestiniens, dont notamment Marwan Barghouti condamné à cinq peines de réclusion à perpétuité et à quarante ans d’emprisonnement. 

Deux députés palestiniens, qui devraient par ailleurs jouir d’une immunité diplomatique de part leur mandat sont, comme 350 autres palestiniens, en détention administrative. 

La détention administrative

Née en 1948, la détention administrative permet aux autorités israéliennes de placer des hommes et des femmes en détention sans inculpation ni procès et ce pendant une durée indéterminée. L’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, suspecté par le Shin Beth d’être lié à une organisation terroriste, a passé treize mois en détention administrative entre le 23 août 2017 et le 30 septembre 2018. 

Utilisée en Afrique-du-Sud au temps de l’Apartheid et dans de nombreux autres régimes autoritaires la détention administrative va à l’encontre du droit international puisqu’elle enfreint l’article 9 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. L’utilisation généralisée de cette pratique est d’ailleurs dénoncée, tant par des associations comme Amnesty Internationale que par l’Organisation des Nations Unies. 

La contestation fait entendre sa voix

Ces derniers ont également condamné l’emprisonnement de centaines de mineurs palestiniens par l’Etat Hébreux, selon Addameer, en septembre 2020 on en comptait 155. Et sur l’année 2020, 400 enfants palestiniens ont été arrêtés par les forces d’occupation israéliennes. 48% de ces très jeunes détenus le sont dans le cadre d’une détention préventive, de plus, 79% d’entre eux sont enfermés en Israël, ce qui s’avère donc être une violation de la Quatrième Convention de Genève. Parmi les enfants incarcérés, Dima El-Wavi est sans doute l’une des plus célèbres et pour cause, entre février et avril 2016, cette dernière passa deux mois et demi sous les barreaux, alors qu’elle n’était âgée que de douze ans. 

En 2020, avec la pandémie de Covid-19, les conditions de vie des prisonniers palestiniens déjà difficiles se sont encore plus dégradées. Le Ministère de la Santé Palestinien ainsi que de nombreuses associations ont demandé à ce que les prisonniers politiques palestiniens soient libérés afin d’éviter toute propagation du virus au sein des prisons.