Rédaction | Avant Garde
EDITO

Le 19 juin, changeons de majorité

Les résultats du premier tour des élections législatives sont historiques. Jamais un parti présidentiel n’avait recueilli aussi peu de voix depuis le passage au quinquennat. Le ministère de l’Intérieur peut bien jouer avec les chiffres pour faire baisser le score de l’opposition, il n’en reste pas moins que le Président de la République fraîchement réélu s’est pris une claque électorale. 

Face à ce revers électoral, Emmanuel Macron en personne est venu à la rescousse de son parti. Pour ce faire, le Président a dérogé à toutes les règles diplomatiques en vigueur pour qualifier l’alliance des forces de gauche d’un « ennemi venant de l’intérieur » tout cela face à un chef d’État étranger. Celui qui appelait au barrage républicain dans l’entre deux tours des présidentielles est en train de jouer à un jeu dangereux. En jetant l’opprobre sur les partis de gauche, en refusant le débat politique et en négligeant le risque de la création d’un groupe d’extrême droite conséquent à l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron vient banaliser la montée du Rassemblement national. 

C’est un nouveau coup dur pour notre démocratie. Encore une fois Emmanuel Macron stérilise le débat politique : on ne débat plus que de la forme, mais jamais du fond. Finalement, ni l’élection présidentielle ni ces élections législatives n’auront permis un réel débat projet contre projet, propositions contre propositions dans notre pays. Et en même temps, on peut les comprendre, leur projet impopulaire et antisocial est aux antipodes des besoins et aspirations de la population française : travail dissimulé, retraite à 65 ans, contrats précaires pour les jeunes, sélection accrue à l’université… 

Les résultats des élections législatives, dans un contexte d’abstention massive, démontrent la crise majeure dans laquelle se trouve notre pays. Emmanuel Macron a été réélu président de la République par défaut et non par conviction. Incapable de rassembler largement le peuple de France, les résultats du 12 juin ont montré au moins une chose : les Français ne veulent pas de la majorité proposée par le Président de la République.  

Votons NUPES

En revanche, si les Français ne veulent pas de cette majorité, ils n’en veulent pas d’autres pour le moment. À nous de profiter des quelques heures de campagne qu’il nous reste pour convaincre nos concitoyens de la nécessité de mettre en place une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale.  

Une majorité qui fera des réformes heureuses : la retraite à 60 ans à taux plein, un revenu pour tous les étudiants pour les sortir de la précarité et du salariat, la revalorisation de l’ensemble des salaires, la reconstruction de nos services publics détruits par des décennies de libéralisme. Non seulement tournons la page de ces années de souffrance, mais aussi et surtout votons pour l’avènement de jours heureux. 

Plus qu’un vote d’opposition, votons par conviction. Votons pour la coalition de gauche, votons pour la nouvelle union populaire écologique et sociale.