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EDITO

Le 20 janvier, les étudiants ont relevé la tête !

Hier  des milliers d’étudiants et étudiantes se sont mobilisées partout en France pour leur dignité. 

A Paris, se sont près de 3000 étudiants et étudiantes qui ont manifesté du Crous de Paris en direction du Ministère de l’Enseignement Supérieur et la Recherche. 

Cette journée de mobilisation appelée par les organisations étudiantes et de jeunesse, rassemblées à l’initiative de l’UEC est une réussite qui en appelle d’autre. 

Aujourd’hui les étudiants craquent ! Ce n’est pas normal que les étudiants et les étudiantes soient les seules de la population encore aujourd’hui confinés. 

Et le Président de la République nous répond quoi ? Il nous répond qu’il va falloir encore tenir ! Et bien nous ne tenons plus ! 

Nous passons nos journées devant nos ordinateurs à essayer de suivre des cours en ligne, bien trop souvent dans des logements trop petits, parce que oui la précarité étudiante nous la connaissons et nous la subissons. Au-delà du logement se sont des difficultés à se nourrir, à avoir le matériel numérique adéquat pour suivre nos cours. Bref à subvenir à nos besoins. 

C’est pour celà que l’UEC, a rassemblé autour d’elle un front large des organisations étudiantes et de jeunesse pour qu’aujourd’hui À Paris, ainsi que partout en France,  comme à Lille, Angers, Bordeaux, Rennes, Poitiers, Amiens, dans la rue, devant les universités ou les rectorats, les étudiants et les étudiantes relèvent la tête et voient qu’une autre alternative est possible. 

Infantilisation, invisibilisation, le mépris du Gouvernement envers une partie de sa jeunesse ne semble ne plus avoir aucune limite. 

Frédérique Vidal, grande instigatrice de la classe de l’enseignement supérieur et de la recherche et à la tête du Ministère  a été  aux abonnés absents lors des deux confinements. Frédérique Vidal, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a pris pour acquis que les 2,7 millions d’étudiants de France avaient accès à un espace de travail, un ordinateur personnel ainsi qu’à une connexion internet de qualité.

Force est de constater que ce n’est pas le cas ! 

Aujourd’hui près de 450 000 étudiants et étudiantes ont arrêté leurs études depuis le début de la crise sanitaire, 1 étudiant sur 6,  et  ce chiffre risque fortement de s’aggraver dans les prochaines semaines. Décrochage massif, retard universitaire… Les conséquences de la crise éducative sur la qualité de nos formations sont désastreuses. 

Aujourd’hui elle nous dit qu’il faut arrêter de nous appeler la génération sacrifiée et qu’il faut nous donner de l’espoir. Plus que d’espoir se sont d’actes forts dont nous avons besoin. Et ça le Gouvernement ne semble pas l’entendre. 

Il y a urgence à agir ! Il y a urgence à ce que le Gouvernement investisse dans sa jeunesse plutôt que de mettre en place des mesurettes que non, nous n’avons pas salué madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ! 

Nous sommes confinées depuis mars dernier avec la fermeture des universités, les indicateurs de détresse psychologique sont plus forts que pour le reste de la population.  

Il y a urgence  à ce que les étudiants et les étudiantes retournent en cours, et pas seulement les premières années. Le Gouvernement nous dit que ce n’est pas possible et bien nous, nous disons que si ! Là où il y a une volonté, il y a un chemin !  

Il faut  mettre en place les moyens à hauteur de l’enjeu et embaucher des enseignants et les titulariser, réquisitionner des locaux et des salles vides pour multiplier les espaces de cours, mettre en place un protocole sanitaire strict. Cela permettra d’assurer notre sécurité, celle du personnel mais également rattraper le retard que nous avons accumulé. Des mesures anti brassage sont mises en place dans les centres commerciaux, pourquoi cela n’est-il pas possible à l’Université ? 

La situation que nous subissons  est le reflet de la casse du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche : manque de moyens, saturation, engorgement, tout ceci a entraîné l’incapacité du Gouvernement à faire face à la crise sanitaire et éducative. Et bien nous, nous disons qu’il faut financer les études supérieures ! Investir massivement dans l’enseignement supérieur et la recherche, c’est permettre d’ouvrir des milliers de places et garantir le droit à la poursuite d’étude, en formant et embauchant le personnel administratif et en construisant de nouveaux locaux. 

La pauvreté et la précarité ne sont pas que des mots mais une réalité quotidienne vécue par des milliers d’étudiants et d’étudiantes.  Beaucoup sont aujourd’hui plongé·e·s dans une extrême précarité et sont forcés de se tourner vers des organismes d’aides alimentaires. Force est de constater que les mesures prises par le Gouvernement pour faire face à cette précarité déjà dénoncée avant le début de la crise ont été insuffisantes voire inexistantes. Création de 20 000 jobs étudiants alors même que le salariat constitue la première source d’échec à l’université, aide de 150 €, resto U à 1€ pour les étudiants boursiers… 

Il y a urgence à agir et à mettre en place un réel plan de lutte contre la précarité étudiante plutôt que de mettre en place des mesures à la petite semaine qui soit ne concernent pas tout le monde, soit sont insuffisantes, voir les deux ! 

Aujourd’hui alors que le Gouvernement abandonne une partie de sa jeunesse,  les étudiants et les étudiantes relèvent la tête ! Rendez-vous une nouvelle fois dans la rue le 26 janvier prochain!