Rédaction | Avant Garde
EDITO

Le gouvernement devra tirer les leçons de cette crise sanitaire

Il aura donc fallu attendre une crise sanitaire sans précédent et plus de 1 000 de morts en France pour qu’Emmanuel Macron se rende compte de la situation dramatique de l’Hôpital public dans notre pays. 

Le nombre de masques est insuffisant pour répondre à la demande, les respirateurs commencent à manquer dans certains hôpitaux, dans le Grand Est les centre hospitalier arrivent même à saturation. Dans de nombreuses villes et même dans certaine région, l’hôpital public arrive à saturation. 

Le manque de matériel et de personnel aurait pourtant pu être mieux anticipé si le gouvernement actuel et ses prédécesseurs ne s’étaient pas attelés à détruire méthodiquement l’Hôpital public. Voilà ce qui arrive quand on ne prête oreille qu’aux technocrates de Bercy n’ayant que le niveau de la dette en tête plutôt que d’écouter la souffrance qui s’exprime depuis les chambres d’Hôpital.

Les politiques d’austérité ont eu des conséquences très concrètes sur la qualité des soins. En seulement six ans, c’est près de 18 000 lits qui ont été supprimés, dont plus de 4 000 rien que pour l’année 2018. 

À travers un discours larmoyant devant l’Hôpital de campagne de Mulhouse, Emmanuel Macron fait mine de découvrir une crise dont il est lui même responsable. Pourtant, cela fait maintenant des années que les personnels de santé sonnent l’alarme. Mais leurs interpellations sont restées lettre morte, et se sont confrontées au mépris du président. Rappelons-nous des propos sur « l’argent magique » de ce dernier face à une infirmière lui faisant part de ses conditions de travail en 2018.

Rappelons-le, les décès liés aux manques de matériel et de personnels n’ont pas attendu l’arrivée du coronavirus pour s’entasser. Nous avons beau être la sixième puissance mondiale, nous ne sommes même pas capables de produire suffisamment de masques pour le personnel soignant.  

Face à cette crise, le président a lancé « l’opération résilience ». La résilience c’est la capacité à rebondir après un choc ou une perturbation. Mais avant d’organiser la résilience, il aurait été préférable que le chef de l’État lance l’opération confiance.

Confiance en nos médecins quand ils disaient que l’Hôpital public était au bord du gouffre, confiance dans les syndicats lorsqu’ils alertaient sur leurs conditions de travail qui entraînaient les personnels de santé au bord du « burn out », confiance dans un service public qui ne réponde pas à des logiques de rentabilité, mais bien au principe d’intérêt général.  

Les politiques d’austérité nous conduisent droit dans le mur. Nous devrons tirer toutes les leçons de cette crise sanitaire pour ne pas refaire les mêmes erreurs. Le vrai acte de résilience, celui qui nous permettra de rebondir après ce choc terrible, cela sera de stopper les politiques libérales, au profit de politiques qui mettent l’humain et l’intérêt général avant les intérêts financiers.