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INTERNATIONAL

Le nouveau quatuor libéral de l’Union Européenne

Après des semaines de négociations, les dirigeant·e·s européen·ne·s ont désigné ce mardi les personnalités qui vont diriger les quatre institutions clés de l’Union Européenn, présentation. 

Les quatre heureux sont Ursula von der Leyen (Présidente de la Commission européenne), Charles Michel (Président du Conseil européen), Christine Lagarde (Présidente de la BCE) et Josep Borrell (Haut représentant pour les affaires étrangères de l’Union Européenne). Ces quatre personnes, déjà controversées avant même de prendre leurs fonctions, marquent une continuité dans la politique destructrice de l’Union européenne. Zoom sur la carrière de ces nouvelles dirigeantes et nouveaux dirigeants européen·ne·s. 

Ursula Von Der Leyen : une héritière controversée de Angela Merkel 

Ursula von der Leyen, allemande de 60 ans va prochainement prendre la tête de la Commission européenne. Proche d’Angela Merkel, et fervente soutien de sa politique ultra-libérale, elle est sa ministre de la Défense depuis plus de 6 ans. Au-delà de nombreux scandales concernant les énormes salaires des consultants externes de son ministère, elle est accusée de ne pas réagir face à l’infiltration de groupuscules néonazis au sein des rangs de l’armée allemande. Ainsi, avec ses multiples casseroles aux pieds, Ursula von der Leyen est considérée par l’opinion allemande comme l’une des deux ministres les moins compétents du gouvernement (Sondage Bild). Enfin, on peut se questionner sur les intentions des dirigeant·e·s européen·ne·s qui positionnent à la Présidence de la Commission une spécialiste des questions militaires qui est par ailleurs favorable à une armée européenne.

Charles Michel : Le carriériste à la politique anti-sociale 

Charles Michel, 43 ans, est l’actuel Premier ministre belge et prend la Présidence du Conseil européen. Fils de l’ex-commissaire européen Louis Michel, il devient Ministre à 25 ans puis Premier ministre à 38 ans. Carriériste politique, il mène une politique d’austérité anti-sociale depuis le début de sa carrière, n’hésitant pas à s’allier avec un parti nationaliste pour pouvoir gouverner. Il s’affiche par ailleurs régulièrement avec Emmanuel Macron lors des sommets européens, lui qui mène une politique de casse sociale à l’instar du Président français. 

Christine Largarde : Madame FMI, condamnée dans l’affaire Tapis 

Christine Lagarde, française de 63 ans, va prendre la tête de la Banque centrale européenne après près de 8 ans de fonction du Fonds Monétaire International en tant que Directrice générale. Ministre sous Chirac puis Sarkozy de 2005 à 2011, sa nomination semble plus politique que réellement basée sur des compétences. En effet, Christine Lagarde n’est pas économiste et dans ce cadre sa nouvelle fonction ne semble pas coller avec ses compétences. Cette nomination semble alors renforcer les liens entre la BCE et les dirigeant·e·s européen·ne·s alors que l’institution se voulait originellement indépendante. Pire, l’actuelle Directrice générale du FMI a été condamnée pour « négligence » dans l’affaire Tapie : alors qu’elle était ministre de l’Économie, elle a joué un rôle dans l’arbitrage qui a permis à Bernard Tapie de récupérer 405 millions d’euros aux frais du contribuable.

Josep Borrel : L’espagnol aux ambitions frustrées 

Joseph Borrell, catalan anti-indépendantiste de 72 ans devient Haut représentant pour les affaires étrangères, soit chef de la diplomatie de l’Union européenne. Figure montante du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) dans les années 1990, ses ambitions sont stoppées en mai 1999 lorsque deux de ses anciens collaborateurs au secrétariat d’Etat aux Finances, poste qu’il occupe, sont impliqués dans un vaste scandale de fraude fiscale. De 2010 à 2012, il dirige l’Institut universitaire européen de Florence, mais est écarté pour un conflit d’intérêts qui lui vaudra également 30 000 € d’amande. Il revient ensuite progressivement en politique notamment en 2017 où il a des propos cinglants contre des indépendantistes catalan·e·s et monte progressivement dans l’opinion des unionistes de gauche comme de droite avant de devenir en 2018 Ministre des affaires étrangères en Espagne. 

Non-réaction face à des groupuscules néonazis, négligence, fraude fiscale, conflit d’intérêt, politique antisociale et libérale, le décor est planté quant à ce nouveau quatuor européen qui semble résumer parfaitement les aspirations des dirigeant·e·s européen·ne·s.