Rédaction | Avant Garde
EDITO

Le sport doit être un bien commun de l’humanité

C’est l’actualité européenne du début de semaine : la création d’une super ligue de football. Douze clubs se sont mis d’accord pour supplanter la ligue des champions et créer une ligue fermée avec de grands clubs européens. L’objectif : augmenter leurs recettes. Face à une mobilisation sans précédent de supporters, de nombreux clubs ont dû faire volte face et ont décidé de se retirer du projet. Résultat : un projet mort dans l’œuf… Fort heureusement. 

Quelle vitrine cela nous donne du football ? À l’heure où la pratique sportive collective est compromise par les mesures sanitaires, la seule image véhiculée pour les jeunes est celle de l’appétit cupide de certains dirigeants de clubs qui n’ont plus rien à avoir avec le sport et l’amour de la compétition. 

Ce nouvel épisode vient une nouvelle fois entacher l’un des plus beaux spots du monde. Ce sont des millions de jeunes mais aussi de supporters qui voient les dérives immorales de leur sport. Oui de leur sport, car n’en déplaise aux dirigeants des clubs européens, le football ne leur appartient pas. Du match organisé dans les cours d’écoles à la finale de la ligue des champions en passant par la multitude de clubs amateurs, le football est un avant tout un sport populaire. Il appartient aux jeunes, aux supporters, aux joueurs, au peuple tout entier mais certainement pas aux propriétaires des grands clubs.  

Cette nouvelle crise fait suite à celle du fiasco de mediapro qui avait mis en lumière la spéculation et l’endettement croissant des grands clubs européens. Ces crises doivent nous alerter sur les dérives insupportables présentes dans le sport. La financiarisation qui a entraîné la spéculation et la quête de profit est en train de pourrir la compétition du haut niveau.

Même dans le sport, nous en arrivons à faire face à des crises financières. Le sport est en train d’être sacrifié sur l’autel du profit. L’accès aux compétitions de haut niveau ne doit pas être réservé à une élite qui a les moyens de s’acheter plusieurs abonnements télévisés ou plusieurs milliers d’euros pour voir des matchs à travers le Monde.

Pourtant la compétition sportive est belle lorsqu’elle est sincère et populaire sans être entachée par l’avarice de quelques-uns. Combien de rêves et de vocations sont nées en regardant son équipe préférée ? Combien de jeunes ont décidé de s’inscrire dans un club de football après avoir vu l’épopée de l’équipe de France en 1998, 2006 ou plus récemment de 2018 ?  L’élan populaire, la compétition de haut niveau, le beau jeu font rêver et vibrer des générations entières. Continuons de pouvoir faire rêver les jeunes comme les moins jeunes.

Il faut remettre en cause le libre marché et la spéculation dans le monde du sport. Cela permettrait à la fois d’assurer la viabilité du sport professionnel mais aussi de rendre accessibles les compétitions sportives de haut niveau. Le sport est trop important pour être laissé aux lois du marché. Il doit être un patrimoine mondial de l’Humanité.