Gwenn Herbin | Avant-Garde
A LA UNE EDITO

L’édito d’Antoine Guerreiro

Répétition générale

Le gouvernement souhaitait jouer la montre jusqu’aux examens et aux vacances, il peut désormais se frotter les mains. Il ne lui reste plus longtemps à attendre : peu à peu les étudiant·e·s quittent les campus, bon an mal an les examens se tiennent, parfois sur place, parfois en ligne. Les évacuations se succèdent au petit matin et les unes après les autres les universités sont placées sous surveillance policière. La mobilisation serait-elle déjà finie ?

Contrairement aux apparences, rien n’est moins sûr. Une colère sourde traverse l’ensemble de la communauté universitaire. Le gouvernement n’a rien entendu des revendications légitimes portées sur tous les campus : le refinancement de l’enseignement supérieur, la garantie des droits et libertés étudiantes et bien sûr la fin de la sélection et du dispositif absurde de Parcoursup. En quelques semaines, l’opposition au libéralisme appliqué à l’université a donc gagné des franges très larges du milieu étudiant, qui ont expérimenté dans les faits le caractère antidémocratique de nos adversaires.

Des forces sont donc disponibles sur le long terme, pour contester et vaincre le gouvernement sur chacune des réformes à venir. Macron pensait écraser pour de bon le mouvement social : il n’a fait de cette lutte contre la sélection qu’une répétition générale. Deux rendez-vous immédiats sont à présents devant nous : le 22 mai avec l’ensemble de la fonction publique d’une part, et le 26 mai avec les syndicats, associations et partis politiques !

Enfin, la mobilisation en France ne doit pas effacer le massacre en cours au Moyen-Orient. Celui perpétré à Gaza par l’armée israélienne qui, au mépris des règles les plus élémentaires du droit international, assassine plus de 60 Palestiniens dans une foule de manifestant·e·s désarmé·e·s. Les jeunes et étudiant·e·s communistes, engagé·e·s depuis plusieurs années pour dénoncer les exactions subies par la jeunesse palestinienne dans les études et au quotidien, demeurent à ses côtés. Avec des milliers de jeunes, nous interpellons notre gouvernement pour que la France prenne des sanctions claires. Face à l’arbitraire, à la colonisation et au meurtre, il est plus que temps pour la paix et la justice de triompher.

Rédaction
Collectif de rédaction d'Avant Garde