Avant-Garde | Rédaction
A LA UNE

L’édito de Camille Lainé

#BalanceTonPorc

Cette semaine a été marquée, et c’est tant mieux, par les hashtag #BalanceTonPorc #BalanceTonAgresseur #MeToo sur Twitter. La honte change de camp.

Les violences sexistes ne sont bien sûr pas apparues en 2017, c’est la parole qui se libère.

Après l’affaire Baupin, l’affaire Weinstein, de plus en plus de femmes osent parler, voient qu’elles ne sont pas seules et que l’impunité c’est fini.

Les violences sexistes sont une réalité, une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint, une femme sur sept a déjà subi une agression sexuelle, 100% des femmes se sont déjà fait harceler dans les transports et nous subissons toutes, au quotidien, le harcèlement de rue.

La parole se libère mais c’est encore très dur pour beaucoup de parler. Dur parce que souvent les femmes ne sont pas crues, pas écoutées, parfois ce sont des hommes célèbres ou puissants qui sont sûrs de leur impunité.

La justice n’aide pas toujours, la police n’est encore que trop peu formée à cela et les témoignages de femmes qui portent plainte sur la manière dont elles sont reçues font parfois froid dans le dos. De fait seulement 11% des femmes victimes de viol portent plainte.

Visiblement le gouvernement en a conscience puisque la secrétaire d’etat à l’égalité entre les femmes et les hommes annonce un projet de loi contre les violences sexuelles. Pour autant, l’Etat continue de supprimer les subventions aux associations féministes qui peuvent accompagner les victimes… Alors que pourtant ces associations pourraient être un vrai point d’appui pour construire un tel projet de loi.

Et que dire des politiques d’austérité qui continuent de s’aggraver touchant très fortement les femmes et l’accès à leurs droits ? Les députés et sénateurs communistes ont d’ailleurs proposé en 2013 une proposition de loi cadre contre les violences faites aux femmes avec le CNDF (collectif national pour les droits des femmes) pour lutter efficacement contre les violences mais aussi prévenir et agir en amont contre le sexisme et , bien sur, en finir avec l’impunité !

Cette proposition de loi conserve toute son actualité et pourrait être reprise par le gouvernement actuel.

La libération de la parole, le témoignage de toutes ces femmes permet de stopper la banalisation du harcèlement, de montrer à quel point nous sommes nombreuses à être victimes. La simple prise de parole des femmes pour dénoncer ce qui restait caché est également une remise en cause du système patriarcal qui enferme les femmes dans le silence.

Témoignons, dénonçons et surtout luttons toutes et tous pour en finir avec les violences faites aux femmes !

 

Rédaction
Rédaction
Collectif de rédaction d'Avant Garde