Gwenn Herbin | Avant-Garde
A LA UNE

L’édito du mercredi par Antoine Guerreiro

Être à la hauteur

Ce week-end avait lieu l’Assemblée nationale des animateurs et animatrices (ANA) du Mouvement Jeunes Communistes de France, un temps annuel important dans notre vie démocratique. Pendant deux jours, deux-cent cinquante délégué.e.s venu.e.s de toute la France se sont retrouvé.e.s pour échanger leurs analyses sur la situation nationale et internationale et leurs propositions pour l’avenir de la jeunesse. Dès le début de notre Assemblée, deux résolutions politiques de première importance ont été adoptées par le Mouvement : l’une portant sur le féminisme et l’autre sur la bataille pour la libération de Salah Hamouri.

En les adoptant d’une seule voix, les jeunes communistes se sont placé.e.s au cœur du combat de classe et de l’actualité mondiale. D’abord sur le féminisme, parce qu’après #balancetonporc et #metoo l’urgence de solutions politiques pour mettre à bas le patriarcat dans tous les domaines de la vie se fait sentir, particulièrement dans notre génération. En nous engageant à nous investir sans relâche pour la révolution féministe, nous apportons une contribution non négligeable à ce combat, et participons à faire progresser le rapport de forces en faveur des femmes, y compris dans notre propre organisation. Ensuite sur l’impérialisme, parce que la dangereuse décision de Trump concernant Jérusalem relance paradoxalement le débat sur la solution à deux états, seule voie concrète pour une paix juste et durable au Moyen-Orient. Cet épisode braque aussi les projecteurs sur la position ambiguë de la France concernant l’occupation de la Palestine et met en relief le silence sur notre compatriote Salah Hamouri.

Un troisième élément majeur de l’actualité a occupé le débat ce week-end : la sélection à l’entrée de l’université. Votée par l’Assemblée hier, la réforme s’attaque directement aux bacheliers issus de filières professionnelles mais aussi à tous les étudiant.e.s actuels via la mise en concurrence et la dévalorisation des diplômes qu’elle entraîne. Au-delà de l’analyse des mesures gouvernementales, le débat a porté sur la meilleure manière de contrer Macron, dans la rue mais aussi dans les têtes, en faisant avancer notre projet pour l’éducation. Alors que ce matin Mediapart publiait les dossiers Macronleaks concernant les réformes de l’enseignement supérieur, notre proposition de mettre en mouvement toute la jeunesse en janvier, contre le Plan Etudiants et la réforme du bac, prend encore plus de sens.

Ces deux jours de réflexion, marqués par la volonté d’être à la hauteur des aspirations de toute une génération, ont donc vu leur pertinence confirmée par les faits. C’est à mon sens le signe des progrès non négligeables réalisés par notre organisation, sur le plan pratique comme théorique. Je suis fier des dizaines d’étudiant.e.s communistes qui ont pu pleinement contribuer à la réussite de cette Assemblée 2017 et apporter tout leur savoir-faire en ce qui concerne l’enseignement supérieur. Alors que partout nos adversaires frappent fort, l’arrivée de nouvelles générations de révolutionnaires chez les communistes et auprès de leur Parti est une excellente nouvelle. Mais puisqu’aucun certificat d’autosatisfaction n’a jamais transformé le monde, après quelques jours de vacances, nous nous remettrons au travail !