Gwenn Herbin | Avant-Garde
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L’édito du mercredi par Antoine Guerreiro

En 2018, besoin de victoires

Toute la presse s’en fait l’écho en ces premiers jours de janvier : après une année 2017 marquée par son arrivée au pouvoir, Macron devra en 2018 relever de nouveaux défis, y compris celui de la réforme de l’université. Alors que s’ouvre Parcoursup’, que les lycéen.ne.s retournent en classe et que les étudiant.e.s finissent leurs examens, le risque de la contestation sociale existe pour le président. C’est pourquoi le gouvernement fera tout pour empêcher l’éclosion d’un mouvement. A l’inverse notre défi d’étudiant.e.s communistes, c’est d’en faire grandir la possibilité.

C’est pourquoi dès cette semaine, l’UEC est mobilisée dans plusieurs villes aux côtés des associations et syndicats étudiants, avec bien souvent le concours des lycéen.ne.s, des enseignant.e.s. L’objectif ? Faire plier, partout où cela est possible, les partisans de la sélection. Les premières avancées sont là, comme à Toulouse ou Clermont-Ferrand. Ce sont des encouragements à ne rien lâcher jusqu’à la victoire.

Les victoires, voilà justement le thème de l’édition 2018 de la Semaine de la Pensée Marxiste. Dans toutes les universités de France du 12 au 16 février, nous voulons montrer en quoi le marxisme est un outil efficace, moderne et pertinent pour comprendre la société dans laquelle nous vivons et y remporter des victoires. Cette semaine de militantisme auprès des étudiant.e.s devra aussi être l’occasion de progrès théoriques importants.

Enfin cette année nous aurons vitalement besoin de victoires féministes. 2017 s’est finie sur des mobilisations massives contre les violences sexistes dans tous les espaces de la société, y compris dans les organisations politiques, dont la nôtre. Permise par la détermination et le courage des femmes, la libération de la parole doit maintenant déboucher sur des actes concrets afin de démanteler partout le patriarcat, y compris dans la forme particulière et spécifique qu’il a prise au sein des mouvements politiques de jeunesse.

Cette tâche, dans toutes ses dimensions (théorique, pratique, organisationnelle) ne peut attendre. Car si, communistes, nous prétendons transformer la société et en finir avec le capitalisme, nous ne pouvons en perpétuer l’un des piliers principaux, le patriarcat. Les violences contre les femmes ne seront jamais à classer au rayon des faits divers. Elles jouent au contraire un rôle économique et politique, celui d’empêcher toute remise en cause de la division genrée du travail et de l’exploitation des femmes. Les exercer, c’est donc bien sûr commettre des actes délictueux ou criminels mais également s’opposer en pratique à notre projet politique.

Comme le déclarait déjà Pierre Laurent en novembre dernier :

« Le Parti communiste ne peut porter son projet d’une société féministe si dans notre parti nous n’arrivons pas à mettre en œuvre l’égalité réelle et, en pratique, à faire vivre des rapports débarrassés de toute forme de domination, et à fortiori de violence sexiste. »

Sur tous les fronts, 2018 sera donc une année de combats éreintants, pour la plupart difficiles et que beaucoup sans doute s’amuseront à qualifier de « perdus d’avance ». Pour répondre à tous ceux qui porteront encore en 2018 le renoncement en bandoulière, paraphrasons Marx dont nous fêterons bientôt le bicentenaire de la naissance : il n’y a pas de route royale pour la révolution, « et ceux-là seulement ont la chance d’arriver à ses sommets lumineux qui ne craignent pas de se fatiguer à gravir ses sentiers escarpés ».

Bonne année 2018 !