Gwenn Herbin | Avant-Garde
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L’édito du mercredi par Antoine Guerreiro

Enfin, nous y sommes. Trois mois maintenant que le gouvernement a présenté son Plan Etudiants et annoncé l’introduction de la sélection à l’université, sans trouver dans un premier temps trop de répondant. Nous étions bien sûr à l’image de l’ensemble des étudiant.e.s, assommé.e.s par la violence de l’attaque et découragé.e.s par l’échec du mouvement contre les ordonnances. Et puis il faut dire que le discours de Vidal, Philippe et consorts marchait plutôt bien : “au tirage au sort et à la sélection sauvage, ne préféreriez-vous pas une forme modérée et encadrée de sélection ?” Mais dès la mi-janvier, la fable gouvernementale a volé en éclats.

Partout depuis l’ouverture de la plateforme Parcoursup, les conseils locaux des établissements se sont mis à proposer des critères de sélection plus draconiens les uns que les autres, jouant jusque dans la surenchère. Le gouvernement promettait d’encadrer les modalités de recrutement des universités : il ouvre en réalité la boîte de Pandore et donne son aval aux pires pratiques. Ainsi (et ce n’est pas sans lien), on apprenait ce matin que plusieurs universités s’apprêtent à interdire le redoublement en PACES (Première Année Commune aux Etudes de Santé). Une décision totalement absurde, pour qui connaît un tant soit peu les conditions extrêmement difficiles de préparation du concours d’entrée. Tout cela rappelons-le, alors que la loi “Orientation et réussite des étudiant.e.s” n’a même pas encore été votée ! Une situation dénoncée publiquement et bientôt juridiquement par les parlementaires communistes, dont le sénateur Pierre Ouzoulias.

En fait, au travers de ce projet de loi c’est un grand débat politique qui est posé dans le pays : le plus grand nombre de jeunes possible a-t-il vocation à passer par l’enseignement supérieur ? Et si oui, sommes-nous prêt.e.s à y investir les moyens financiers et humains nécessaires à leur réussite ? Pris de toutes parts dans ses contradictions budgétaires Macron vient de choisir son camp ; pour nous, le choix était déjà fait depuis longtemps.

Rendez-vous est maintenant pris, à l’appel des syndicats de l’enseignement supérieur et de nombreuses organisations de jeunesse : le jeudi 1er février, nous quitterons les cours pour manifester en faveur du droit d’accès et de réussite à l’université. Etudiant.e.s communistes, militant.e.s associatif.ve.s et syndicaux.ales, nous avons une semaine pour mettre toutes nos forces dans la bataille. L’avenir de l’université, et dans une certaine mesure du pays, en dépend !