Gwenn Herbin | Avant-Garde
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L’édito du mercredi par Antoine Guerreiro

« Réussir »

Cette semaine une bonne partie des 2,5 millions d’étudiant.e.s de France fait sa rentrée. Pour les néo-entrant.e.s les premiers pas dans ce nouvel univers sont souvent teintés d’inquiétude. Dès la première journée de fac, chacun.e comprend l’enjeu : s’accrocher, coûte que coûte, et passer ses premiers partiels avec succès. Lors de l’amphi de rentrée, il se trouve d’ailleurs toujours un enseignant peu délicat pour expliquer à qui veut bien l’entendre que « d’ici novembre, la moitié aura abandonné le cursus ».

C’est la triste réalité de l’enseignement supérieur : pour près de 50% des inscrit.e.s (particulièrement dans les filières les plus chargées comme le Droit ou la Psychologie), la première année de licence prend fin dès l’automne. Et les premier.e.s touché.e.s sont sans surprise les étudiant.e.s issu.e.s des milieux populaires. Pour des jeunes ayant déjà dû fournir deux fois plus d’efforts au lycée, ayant dû se battre pour obtenir leur orientation ou encore trouver de quoi financer leurs études, cette assignation à l’échec est d’une violence inouïe. Tout espoir de se qualifier, de vivre mieux que ses parents, est brisé dès la rentrée. Le processus d’ascension sociale générale, rendu possible par les luttes ouvrières du siècle dernier, n’est plus à l’ordre du jour.

Les causes de cet échec massif à l’université sont pourtant connues : des cursus souvent inadaptés aux besoins professionnels des étudiant.e.s, des établissements sous-financés (et donc des enseignements dispensés dans de mauvaises conditions), et bien sûr l’obligation pour 1 étudiant.e sur 2 de prendre un job pour financer son année (responsable d’une baisse de 43% des chances de réussite pour les étudiant.e.s concerné.e.s).

Face à cette hécatombe, que met en œuvre Macron ? Comme Hollande et Sarkozy avant lui, ce dernier poursuit inlassablement la politique de l’échec. 331 millions d’euros de baisse de budget pour l’enseignement supérieur, 5€ d’APL en moins par mois… Retirer encore de l’argent aux étudiant.e.s et à leurs établissements, c’est bien accentuer l’échec.

Macron préconise même la mise en place de « prérequis » à l’entrée de la L1. Si le projet reste très flou, on sait déjà qu’il est question de restreindre l’accès aux études. Encore une fois, le gouvernement s’embourbe dans ses contradictions et produit une réponse politique erronée. A l’heure où la France a besoin du maximum de jeunes diplômé.e.s, l’heure n’est pas à fermer les portes des universités. Il n’y a pas trop d’étudiant.e.s, mais pas assez d’argent ! L’enjeu n’est pas de sortir les jeunes de l’enseignement supérieur, mais de leur donner les moyens de réussir, du baccalauréat jusqu’au premier emploi.

Nous ne pouvons en rester là. Le gouvernement se montre incapable de gérer la société ? Soyons plus fort.e.s et réussissons nos études quoi qu’il arrive ! En cette rentrée, les étudiant.e.s communistes appellent leurs camarades de classe au sérieux et à la combativité. Chaque examen passé, chaque diplôme obtenu sera un démenti cinglant aux libéraux, et un appui supplémentaire pour mener les luttes sur nos campus. Révisions solidaires, mobilisations… Tous les rendez-vous au service de notre réussite collective seront plus qu’utiles.

Au premier rang d’entre eux, la journée du 12 septembre à l’appel des syndicats. Réinvestissement budgétaire, mise en place d’un salaire étudiant, encadrement des stages… Face à la Loi Travail 2 et à l’instar des travailleur.se.s, les étudiant.e.s disposent de nombreux projets pour favoriser leur réussite. C’est cela que nous défendrons dans les rues et sur les campus.

Après la rentrée étudiante, il s’agit donc de réussir la rentrée sociale : rendez-vous mardi.