Gwenn Herbin | Avant-Garde
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L’édito du mercredi par Antoine Guerreiro

Forces et faiblesses du macronisme

Malgré l’appel unitaire des organisations de fonctionnaires, force est de constater que la journée d’hier ne s’est pas traduite par un véritable sursaut de mobilisation. Certes structurer un mouvement prend du temps, y compris chez les étudiant.e.s.

Et les dizaines de lycées bloqués, comme les quelques facs mobilisées sont des signaux encourageants. Ils nous montrent que quels que soient leurs manquements et faiblesses, les organisations du mouvement social ont encore de profondes racines dans le monde du travail et la jeunesse.

Les résistances existent. Le projet thatchérien de Macron, visant à effacer du paysage tout ce qu’a pu produire au siècle dernier le mouvement ouvrier, n’a pas encore triomphé.

Mais depuis le 12 septembre le seuil critique d’entrée réelle en mobilisation n’a jamais été atteint. La France frémit, mais n’atteint pas l’ébullition sociale. Pour les progressistes du pays, la situation a donc quelque chose de frustrant, comme si nous étions condamnés à opérer deux fois par mois une sorte de répétition générale géante, drapeaux au vent et mégaphone à la main.

Cette situation ne durera pas éternellement. Les occasions d’entraîner des millions de jeunes dans la rue contre la Loi Travail 2 ne seront plus très nombreuses. Si le 19 octobre (dernière journée en date appelée par la CGT) n’est pas une vraie réussite, il est à craindre que plus rien ne se passe, ni avant ni après la Toussaint.

Dans ce contexte, les étudiant.e.s ont une responsabilité politique. Dans les universités, les raisons de se mobiliser sont nombreuses : baisse des APL, baisse du budget de l’enseignement supérieur, et probablement encore cette année en décembre, retards dans le versement des bourses du CROUS. L’annonce par le gouvernement, dans les semaines qui viennent, de la réforme de l’entrée en licence risque aussi de faire des vagues.

Saisir la dernière opportunité du semestre, voilà l’enjeu. Saluons à ce propos les étudiant.e.s de Limoges, de Grenoble ou encore du Havre, qui avec plusieurs autres campus ont montré la voie à suivre à leurs camarades de classe, en défilant hier à plusieurs centaines dans les rues de leurs villes !

Le fait que depuis juillet, l’UEC ait réussi à rassembler plusieurs milliers d’étudiant.e.s autour de sa démarche politique et de son appel pour les stages est par ailleurs une preuve supplémentaire du rejet massif des logiques libérales par notre milieu.

Il reste huit jours, nous n’avons pas le luxe de perdre du temps. Partout, inondons les facs d’appels à manifester, préparons pour le matin du 19 interventions en amphi, débrayages de TD, barrages filtrants et départs communs depuis les campus !  

D’ici jeudi prochain les étudiant.e.s communistes se mettront, je le sais, entièrement au service de cet objectif : si ce n’est faire s’écrouler le mur du macronisme, au moins y faire la première brèche.