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EDITO

Les étudiants doivent bénéficier d’une réelle protection sociale

Les étudiants représentent pas moins de 2,7 millions de personne en France. Pourtant, depuis le début du confinement, le gouvernement s’est peu peu exprimé à leur sujet. 

Frédérique Vidal n’a guère proposé mieux que des oeuvres de charité limités dans le temps en annonçant prêter un ordinateur et une clé 4G aux étudiants ainsi que des tickets repas pour celles et ceux qui ne peuvent pas s’acheter de quoi se nourrir. Ces mesures sont bien insuffisantes, tant elles sont éloignées de ce dont on réellement besoins les étudiants. 

Mais celles-ci permettent  tout de même d’entrevoir l’ampleur de la précarité étudiante. Aujourd’hui, de nombreux étudiants salariés sous des contrats précaires se retrouvent sans revenu. La situation est telle que certains étudiants n’ont même pas les moyens de s’acheter à manger et sont obligés de se tourner vers des distributions alimentaires. Ce constat met en lumière les insuffisances du système actuel. Le CROUS et le système de bourse sont incapables de répondre aux besoins des étudiants.

A cette précarité étudiante s’ajoute la situation absurde de l’autonomisation des universités. Depuis le début du confinement, Frédérique Vidal est incapable d’annoncer des modalités d’examens pour les étudiants. Et pour cause, l’autonomie tant vantée par les libéraux permet à chaque université de faire ce que bon lui semble, créant de fait d’importantes inégalités de traitement entre les étudiants. Ceux-ci se retrouvent alors bien seuls face à leurs incertitudes, dans l’impossibilité d’obtenir une réponse de la part du gouvernement sur les façons dont ils seront notés.  

La situation des étudiants n’est pas nouvelle. La crise sanitaire et le confinement n’en sont pas les éléments déclencheurs mais n’ont fait qu’aggraver une situation qui était déjà alarmante. La précarité étudiante et les défaillances du CROUS ne sont pas quelque chose de nouveau. Le nombre d’étudiants vivant sous le seuil de pauvreté n’a pas attendu le confinement pour augmenter. De même, les conséquences de l’autonomisation des universités et les inégalités qu’elles creusent entre les établissements et les étudiants ne sont pas des phénomènes nouveaux. 

La crise sanitaire n’a fait que lever le voile sur la situation au sein de l’enseignement supérieur. 

L’exécutif devra tirer toutes les leçons de cette crise. Pour l’enseignement supérieur, l’urgence est double. Premièrement, la création d’un revenu étudiant permettant à chaque étudiant de suivre convenablement et à plein temps ses études. Deuxièmement, un plan d’investissement massif de l’état pour les universités, pour en finir avec l’autonomie des établissements afin d’offrir des conditions d’études de qualité et accessibles sur l’ensemble du territoire.